"Il exerce son droit au silence", explique l'avocat de M. Nemmouche

"Il exerce son droit au silence", explique l'avocat de M. Nemmouche dans une interview
"Il exerce son droit au silence", explique l'avocat de M. Nemmouche dans une interview - © Tous droits réservés

Un avocat commis d'office défendra Mehdi Nemmouche, détenu en France depuis vendredi. La RTBF a pu l'interroger: le juriste n'a manifestement pas obtenu de son client des explications quant aux éléments qui l'accuseraient. Arrêté à Marseille, l'homme suspecté d'avoir commis le triple assassinat du Musée juif de Bruxelles fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la Belgique. "La logique voudrait qu'il soit poursuivi en Belgique", a expliqué lundi à l'agence Belga Pierre Chomé, avocat pénaliste et assistant à l'ULB.

Maitre Apolin Pepiezek défendra Mehdi Nemmouche, le suspect interpellé à Marseille vendredi. Il a déjà rencontré son client, qui "ne donne aucune réponse", expliquait-il au micro de notre journaliste, ce lundi."Il exerce son droit au silence", ajoute l'avocat commis d'office. Aucun élément n'a manifestement pu être obtenu lors de l'entretien, selon les dires de Maître Pepiezek.

Mehdi Nemmouche est interrogé depuis vendredi, à raison de deux à trois fois par jour. Si les éléments à sa charge confirment sa culpabilité, "il est le seul à pouvoir répondre" à la question de savoir si c'est un acte antisémite.

Ecoutez une partie de son interview:

"Pour l'instant, il bénéficie de la présomption d"innocence", souligne Maitre Pepiezek, "même si on a découvert sur lui des éléments" en rapport avec la tuerie devant le Musée juif à Bruxelles.

L'avocat a cependant pu comprendre que le suspect pourrait être extradé en vue d'un jugement sur le sol belge. "Il ne s'oppose pas à ce qu'il soit jugé par les juridictions belges, en tous cas selon ses dires pour le moment".

Regardez, ci-dessous, l'intégralité de son interview, réalisée par Aurélie Didier:

"La logique voudrait qu'il soit jugé en Belgique"

Institué en 2002, le mandat d'arrêt européen permet à tout Etat membre de l'Union européenne de demander à un autre Etat membre d'arrêter ou de lui remettre un individu qui ne se trouve pas sur son territoire. "Avant, les pays latins n'extradaient pas leurs nationaux. Maintenant, le principe est qu'ils le font", relève Pierre Chomé. La législation prévoit toutefois plusieurs motifs de refus.

Dans le cas de la fusillade du Musée juif, ni la nationalité française du délinquant multirécidiviste Mehdi Nemmouche ni celle de l'une des trois victimes ne pourraient justifier que la France refuse d'exécuter le mandat d'arrêt européen. En revanche, les autorités françaises auraient des raisons de garder le suspect sur leur territoire dès lors que celui-ci est soupçonné d'y avoir commis des infractions: la détention d'armes et l'appartenance à une association de malfaiteurs terroristes.

"Si Mehdi Nemmouche est un loup solitaire, comme on le craint, l'appartenance à une association de malfaiteurs tombe. Et la détention d'armes reste quand même un fait très secondaire par rapport à la fusillade de Bruxelles. Les autorités judiciaires françaises vont donc probablement exécuter le mandat d'arrêt européen. Mais je ne peux pas dire dans combien de temps", explicite l'avocat. Auparavant, la France va probablement prendre le temps de mieux comprendre le parcours du jeune de 29 ans qui a échappé à sa vigilance à son retour de Syrie.

L'avocat de Mehdi Nemmouche a déjà fait savoir que son client ne s'opposait "en principe" pas à sa remise à la Belgique. Le ministre français de l'intérieur Bernard Cazeneuve a également déclaré que l'extradition de Mehdi Nemmouche de la France vers la Belgique était "logique". La décision relève à présent de la justice française.

L'enquête en Belgique se poursuit. Regardez le sujet qui suit:

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK