"Honte", "confusion", "aveuglement": les réactions politiques après la démission de Charles Michel

"Honte", "motion de vengeance": les réactions politiques suite à la démission de Charles Michel
"Honte", "motion de vengeance": les réactions politiques suite à la démission de Charles Michel - © Tous droits réservés

La décision du Roi n'est toujours pas connue à la suite de l'annonce de la démission du Premier ministre Charles Michel. Quel est le regard des différents partis francophones sur cette situation ? PS, DéFI, Ecolo, MR se sont succédé au micro de La Première. 

Le ministre fédéral MR Denis Ducarme pointe du doigt la motion de méfiance (acte pour renverser le gouvernement) annoncée par le sp.a et le PS, cosignée par les Verts, et qui a pesé sur la décision de Charles Michel de démissionner. "C'était une motion de vengeance", assure Denis Ducarme. "La position du Premier ministre était très claire dans sa volonté de collaborer avec le Parlement, de lui laisser la main dans des matières très concrètes. Par exemple comment agir pour faire baisser la facture d'électricité ?" 

Il ajoute : "Ce n'était pas une position de façade, elle était très concrète. Mais nous n'allions pas discuter avec l'opposition avec un fusil sur la tempe [la motion de méfiance, NDLR]".

Il y a de quoi avoir honte

De son côté, le chef de groupe PS à la Chambre Ahmed Laaouej contre-attaque : "Il fallait à un moment rappeler à Charles Michel qu'on ne gouverne pas un pays avec de la confusion (...).  Il y a plus d'une semaine que le Premier ministre est venu prétendre qu'il souhait consulter les partis de l'opposition démocratique. En réalité, il ne l'a pas fait, il a continué à négocier avec la N-VA".

Selon le président de DéFI Olivier MaingainCharles Michel paie le prix d'une alliance avec la N-VA. "Il y a de quoi avoir honte, mais c’est l’histoire d’une chronique annoncée, surtout quand on amène au pouvoir un parti comme la N-VA dont il ne faut jamais oublier les objectifs définitifs", exprime-t-il. 

Même analyse du côté de Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre, qui déclare : "C’est lui [Charles Michel, NDLR] qui s’est embarqué dans cette aventure, malgré qu’il ait dit 'jamais avec la N-VA'. Il s’est embarqué dans cette aventure avec même un certain aveuglement".

Des élections anticipées?

Va-t-on vers des élections anticipées ? "C'est la logique démocratique", confirme Olivier Maingain (DéFI). "Mais qui va croire, que si nous votons le 10 février, qu’entre le 10 février et le 26 mai, nous allons pouvoir former une majorité alors que tous les partis seront jugés à nouveau le 26 mai ?" 

Ecolo est également sceptique. "Nous n'avons pas peur d'élections, mais cela n’a aucun sens de convoquer deux fois [les électeurs]", déclare Georges Gilkinet (Ecolo). 

Ahmed Laaouej (PS) renvoie la balle dans le camp du gouvernement : "Nous n’avons pas peur des élections anticipées (...), c'est la responsabilité du gouvernement".

"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de demander aux Belges de voter trois fois en un peu plus de six mois", déclare de son côté Denis Ducarme (MR), "ça ne doit pas se transformer en un référendum grandeur nature 'pour' ou 'contre' la migration."

L'interview de Denis Ducarme (MR)

L'interview de Ahmed Laaouej (PS)

L'interview de Georges Gilkinet (Ecolo) et Olivier Maingain (DéFi)

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