Homosexualité, islam: les premiers faux pas du Vlaams Belang

Homosexualité, Islam: les premiers faux pas du Vlaams Belang
Homosexualité, Islam: les premiers faux pas du Vlaams Belang - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Plusieurs déclarations d’élus du Vlaams Belang ont suscité la polémique au cours des dernières heures. Des déclarations qui ont été condamnées par les partis avec lesquels le parti d’extrême droite est pourtant en discussion en vue de la formation d’une majorité en Flandre.

La nouvelle députée fédérale Dominiek Sneppe s’est notamment exprimée sur le mariage des couples homosexuels dans un journal local flamand. Les homosexuels qui se marient ou ont des enfants "vont trop loin" à ses yeux. Cette position ne cadre pas avec la ligne officielle du parti. Le Vlaams Belang se dit effectivement défenseur de la famille traditionnelle. Mais, dans son programme, le Vlaams Belang ne veut pas revenir sur les droits acquis des homosexuels.


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"Ces déclarations sur le mariage homosexuel n’étaient certainement pas prévues par le président Tom Van Grieken", commente Dave Sinardet. "Dans le passé, le parti était clairement homophobe", poursuit le politologue de l’Université d’Anvers. "Certains mandataires ont encore des positions personnelles très conservatrices et très homophobes. Mais sur ce point, la ligne du parti est de ne rien remettre en question, tout en gardant un certain conservatisme."

Face à ces déclarations, plusieurs partis flamands ont tenu à rappeler l’importance des droits des homosexuels. A commencer par la N-VA. Le vice-président de la N-VA, Lorin Parys, homosexuel et père d’un enfant adopté, s’est empressé de publier une photo de sa famille sur les réseaux sociaux. Il précise à la VRT qu’il a un "problème fondamental" avec les déclarations de Dominiek Sneppe.

Lorin Parys fait partie des négociateurs de la N-VA en vue de la formation d’un gouvernement flamand. De quoi refroidir les relations entre le Vlaams Belang et la N-VA, alors que Bart De Wever vient d’entamer un second tour de discussion avec le parti d’extrême droite.

"En résistance contre l’islam"

Filip Dewinter a quant à lui créé la polémique avec une déclaration sur l’islam. Alors que le SPA, le CD&V et l’Open VLD ont souhaité mardi une joyeuse fête aux musulmans qui célébraient la fin du Ramadan, cette personnalité historique du Vlaams Belang a immédiatement réagi. Filip Dewinter a accusé ces trois partis de "collaborer avec l’islam" tandis que son parti "est en résistance".

Ces propos ne surprennent pas Dave Sinardet. "Filip Dewinter a toujours eu un style radical, extrême." Ce style ne cadre pas avec l’image que souhaite donner Tom Van Grieken à son parti. Mais il existe une sorte d’accord tacite entre les deux hommes forts de l’extrême droite à Anvers. Chacun, dans son style, séduit une frange différente de l’électorat radical flamand.

Ces déclarations sont également à contre-courant du "nationalisme inclusif" que défend la N-VA. Une notion complexe et non dénuée d’ambiguïté, mais dans laquelle ne figure pas le rejet en bloc d’une religion.

Pas de quoi rompre les discussions entre N-VA et Vlaams Belang

Ces premiers faux pas ne sont cependant pas de nature à remettre en question les discussions en cours entre N-VA et Vlaams Belang. Lorin Parys l’a lui-même fait comprendre dès mardi soir sur le plateau de la VRT. "Pour la N-VA qui est dans un processus de dialogue avec le Vlaams Belang, il n’y a pas de quoi changer de ligne dans ces discussions", explique Dave Sinardet.

Selon le politologue de l’Université d’Anvers, ces discussions sont avant tout "un jeu de perceptions". La perspective d’une alliance avec le Vlaams Belang est effectivement peu probable parce qu’elle suppose l’entrée d’un troisième parti dans la discussion. Les sièges de la N-VA et du Vlaams Belang ne sont pas suffisants pour obtenir une majorité. "Il faudrait ajouter l’Open-VLD ou le CD&V et il est clair que ces partis-là n’ont pas du tout envie de former une coalition avec le Vlaams Belang", ajoute Dave Sinardet.

Il serait toutefois trop tôt pour mettre fin à la phase d’approche entre le Vlaams Belang et la N-VA. "Bart De Wever veut montrer aux électeurs du Vlaams Belang qu’il les prend au sérieux et qu’il essaye de voir s’il est possible de former un gouvernement avec ce parti-là." Parallèlement, le Vlaams Belang tente de se donner une image de parti plus respectable par ces discussions.

La N-VA chercherait donc encore la meilleure façon de constater l’impossibilité de gouverner avec le parti d’extrême droite. L’objectif étant de ne pas apparaître comme le responsable d’un échec des discussions avec le Vlaams Belang. Aux yeux des nationalistes, les déclarations des derniers jours ne constituent donc pas une justification suffisante pour renvoyer le Vlaams Belang dans l’opposition.

 

 

Journal télévisé 04/06/2019

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