Homophobie, racisme, clique droitière: l'ex-sénatrice Kim Geybels balance sur la N-VA

Kim Geybels, 42 000 voix de préférence
2 images
Kim Geybels, 42 000 voix de préférence - © Belga

Il y a un an, la jeune sénatrice N-VA Kim Geybels, "babe" du parti et médecin urgentiste de Herk-de-Stad élue avec 42 618 voix de préférence, se faisait débarquer par les instances de la formation nationaliste flamande. Elle avait été impliquée avec son compagnon dans un deal de drogue qui a mal tourné en Thailande. Aujourd'hui, elle règle ses comptes dans les pages du magazine Humo.

"'Adultère, drogue, Thaïlande' : quand ils ont entendu ces trois mots à la N-VA, ils ont commencé à paniquer" explique Kim Geybels à propos de la perte de son fauteuil de sénatrice et son exclusion du parti.

Impliquée l'été dernier dans une tentative d'extorsion de fonds par des trafiquants de drogue à Bangkok, en même temps que son ami Bas Luyten, la toute fraîche sénatrice avait donné sa démission dans un premier temps avant de la retirer, arguant du fait qu'elle avait fait l'objet de pression de la part de son parti, du président du Sénat Danny Pieters et de la chef de groupe Liesbeth Homans. 

Finalement, sa démission n'a pas pu être retirée et elle a été remplacée par Piet De Bruyn, porte-parole du ministre flamand du Budget Philippe Muyters et ancien parlementaire flamand.

La jeune femme avait déjà défrayé la chronique après les critiques émises par son collègue de parti et ancien journaliste Siegfried Bracke à propos de sa mini-jupe dans l'hémicycle du Sénat.

Autre élément qui a sans doute joué contre elle à l'époque : elle avait engagé comme collaborateur son compagnon Bas Luyten, ancien président des jeunes N-VA et qui avait perdu son job de collaborateur parlementaire de... Piet De Bruyn.

Interview règlement de comptes

Une interview dans Humo sans quelques sorties bien senties, c'est comme un rôti sans sel ou un baiser sans moustache... Et ici on est servi.

Kim Geybels et Bas Luyten décrivent d'abord une N-VA truffée d'homophobes en citant des noms comme celui du sénateur Karl Vanlouwe. "Bas a publié un mail de Karl Vanlouwe adressé à Theo Francken, il faut lire : l’homophobie y jaillit de partout", dit Kim Geybels. "Un homo comme patron ? Impensable pour ces gens-là", ajoute Bas Luyten.

Bien sûr, cela se sait et Humo relève le contraste piquant : il y a aussi des homosexuels dans les rangs du parti. Bas Luyten confirme l'existence des "Roze Leeuwen", ces nationalistes roses dont certains sont connus et siègent au Sénat comme Piet De Bruyn et le président de la Haute assemblée Danny Pieters, ou encore Erwin Verbeken et Luk Bellens "qui a du endurer pas mal de choses à la N-VA" ajoute Bas Luyten en faisant allusion à une place non éligible sur les listes électorales en raison de son appartenance aux "Roze Leeuwen".

Tous pourris

Kim Geybels embraye sur leurs mésaventures au sein de la N-VA : elle a hérité d'une bonne place sur les listes (et a fait un excellent score) au contraire de son compagnon qui n'a pas été élu. 

Pour elle, la politique est "un monde pourri, peuplé de gens plus ambiteux que talentueux". Et de citer l'exemple de Frieda Brepoels, europarlementaire N-VA, qui aurait lancé des mises en garde perfides à sa mère : "Qu'elle s'abstienne de déblatérer sur le parti, sinon, on lui fera sa fête". "Complet nonsens", commente Frieda Brepoels.

La VNV, garde rapprochée du chef, au coeur de la N-VA

"Vous connaissez la VNV à l'intérieur de la N-VA ?" interrompt à un moment Bas Luyten. 

La VNV dont il parle, ce n'est pas le "Vlaamsch nationaal verbond" de Staf De Clerq, mouvement nationaliste flamand qui a collaboré avec les nazis, mais ce sont les Vlaams nationale vrienden, le nom que se donnent plusieurs membres de la N-VA pour leurs réunions et agapes bisannuelles. Pour la petite histoire, ils s'appellent aussi "de Vrienden Van Den Dikke", les amis du gros, Bart De Wever donc.

"Ils sont de droite, précise Bas Luyten qui balance des noms : Liesbeth Homans, Theo Francken, Karl Vanlouwe, Guy Uyttersprot, Joachim Pohlmann. "Ensemble, ils laissent libre cours à leur homophobie, leur racisme et leur aversion pour tout ce qui penche à gauche. Les éléments progressistes de la N-VA en prennent aussi pour leur grade".

In fine, Bas Luyten reconnaît que toutes ses sorties sont motivées par un esprit vengeance. 

JFH avec Humo



Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK