Le Pèlerinage de l'Yser a honoré un soldat wallon

Des participants au pèlerinage de l'Yser en 2011
Des participants au pèlerinage de l'Yser en 2011 - © Belga

La 86e édition du Pèlerinage de l'Yser a mis à l'honneur dimanche à Dixmude le soldat wallon Amé Fiévez, tombé au front en 1917 aux côtés des frères Van Raemdonck, mais n'a pu réunir autant de participants que la très radicale "Veillée de l'Yser", à quelques kilomètres de là.

Un geste d'ouverture. Une délégation wallonne était présente ce dimanche pour rendre hommage à un soldat wallon tombé au front en 1917. En même temps que les frères Van Raemdonck (devenus les fers de lance du mouvement flamand). Jusqu'ici, il avait été complètement ignoré au grand dam de sa famille qui retournera à Dixmude ce matin.

Amé Fievez avait 26 ans quand il est tombé au front. Il a fallu attendre les années 60 pour voir son nom apparaitre sur la plaque commémorative située au pied de la tour de l'Yser.

Les organisateurs du Pèlerinage avaient invité pour la première fois une délégation wallonne, montrant leur souci de se démarquer de la Veillée de l'Yser, à Ypres, où les nationalistes flamands les plus radicaux se réunissent désormais.

A Dixmude, le bourgmestre d'Antoing Bernard Bauwens et la famille d'Amé Fiévez, originaire de Calonne (Antoing), ont ainsi participé aux commémorations, dans une optique de "pacifisme flamand" selon les termes du président Paul De Belder.

L'an prochain, le Pèlerinage sera déplacé au 11 novembre

L'an prochain, le Pèlerinage sera organisé le 11 novembre, jour de l'armistice de la Première guerre mondiale, pour réaffirmer le caractère pacifiste de l'événement, mais aussi pour éviter toute confusion avec le radicalisme nationaliste.

"Nous sommes las de toujours devoir réexpliquer en quoi nous nous différencions. Nous sommes pour la tolérance et le pluralisme actif", a commenté M. De Belder.

Ce message modéré a pu jouer sur l'affluence, reconnaît-il, puisqu'à peine un millier de personnes avaient fait le déplacement, alors que la Veillée de l'Yser en réunissait au même moment 4 700, selon ses organisateurs.

Pour Paul De Belder, "nous portons une histoire flamande, mais d'un point de vue flamand et non d'un point de vue anti-Belge ou anti-Wallon". Il a souligné le changement de contexte, maintenant que la Flandre dispose de son parlement et de son gouvernement.

Un discours toujours politique

Le président du Pèlerinage n'en a pas moins fustigé le "bétonnage des droits des francophones en Brabant flamand" et "le blocage de la majorité flamande", tout en plaidant pour une structure confédérale à quatre partenaires, "deux grands et deux petits".

Très peu de personnalités politiques flamandes avaient fait le déplacement. Aux côtés du président du parlement flamand Jan Peumans (N-VA), on relevait notamment la présence du bourgmestre de Gooik Michel Doomst (CD&V) ou encore du chef de groupe N-VA au parlement flamand Kris Van Dijck.

M. Peumans s'est réjoui du déplacement de l'événement au 11 novembre. "La manifestation en revient à sa source, à savoir la commémoration des morts de la Première guerre mondiale et, par extension, de toutes les victimes de la guerre et de la violence".

Pas question en revanche d'Amé Fiévez à quelques kilomètres de là, à la 11e édition de la Veillée de l'Yser, où seuls les frères Van Raemdonck ont été commémorés en présence de députés et dirigeants du Vlaams Belang.

Les accords institutionnels y ont été descendus en flamme et la scission de BHV présentée comme une défaite pour la Flandre, parce qu'elle reviendrait à un "élargissement de Bruxelles", selon le président de cet événement Wim De Wit.

Ce dernier a également critiqué le projet du ministre flamand de l'Enseignement Pascal Smet (sp.a) de renforcer l'anglais comme langue d'apprentissage à l'école. Pour Wim De Wite, le Mouvement flamand doit se réformer en un véritable mouvement indépendantiste sous l'égide de la N-VA, du Vlaams Belang et de la LDD.

Des appels ont aussi été lancés pour participer le 30 septembre prochain à une marche à travers Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités de la périphérie bruxelloise où la majorité francophone a récemment refusé d'accueillir un point de départ et d'arrivée d'un autre symbole des revendications flamandes, le Gordel.

RTBF avec Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK