Histoire d'une famille de réfugiés qui s'achète une maison grâce aux allocations familiales: Wouter Beke donne des chiffres

Histoire d’une famille de réfugiés qui s'achètent une maison grâce aux allocations familiales: Wouter Beke donne des chiffres.
Histoire d’une famille de réfugiés qui s'achètent une maison grâce aux allocations familiales: Wouter Beke donne des chiffres. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le ministre flamand du bien-être social, Wouter Beke (CD & V), a donné des chiffres sur les allocations familiales rétroactives au Parlement flamand ce mardi. Il l’a fait après les interpellations de sp.a, Groen et Vlaams Belang concernant les déclarations du ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), selon lesquelles les demandeurs d’asile pourraient acheter une maison avec des allocations familiales perçues rétroactivement.

"Je comprends qu’en tant que chef du gouvernement, je dois rassembler. L’équipe, mais aussi plus largement que l’équipe", a déclaré le ministre président flamand Jan Jambon. "J’ai peut-être mal évalué que cela entraînerait tant d’agitation".

Wouter Beke a donné des chiffres au parlement pour la période de 2014 à 2019. Il y a eu lors de cette période, selon un premier contrôle, 2524 demandes d’allocations familiales rétroactives de plus de 10.000 euros.

"Ces demandes sont faites pour de nombreuses raisons", dit Beke qui précise que "ce ne sont majoritairement pas des demandeurs d’asile." Les allocations familiales rétroactives peuvent être demandées, entre autres, par des personnes venues de l’étranger ou par des personnes ayant un enfant handicapé.

Allocations familiales payées rétroactivement à une famille en séjour illégal pour 91.000 euros

Wouter Beke a également précisé qu’au cours des cinq dernières années, des allocations familiales rétroactives ont été versées au moins une fois pour une période pendant laquelle une famille se trouvait en condition de séjour illégal dans le pays. "91.000 euros ont été versés (à cette famille), également pour les périodes pendant lesquelles la famille séjournait illégalement dans le pays", explique Beke.

En attendant, cette situation n’est plus possible et ne pourra dès lors pas se reproduire côté flamand.

Depuis l’introduction de la nouvelle réforme des allocations familiales côté flamand, et l’introduction du "groeipakket" (enveloppe d’allocations familiales), une famille doit avoir une carte de séjour pour pouvoir bénéficier des allocations pour enfants.

Le nouveau gouvernement flamand veut maintenant prendre une décision rapide afin de ne plus verser d’allocations familiales pendant la durée de la procédure d’asile, étant donné que les demandeurs d’asile auront déjà droit à un soutien matériel.

Réactions politiques contrastées face aux chiffres avancés par Beke

"En tant que chef du gouvernement, vous devez être capable de rassembler, j'en ai tiré la leçon", a commenté Jan Jambon. "Mais pas en ce qui concerne l'essence du système. Je suis curieux de voir s'il y a un consensus au sein de ce Parlement pour mettre fin au système".

"Je suis très satisfait de la réponse du ministre Beke", a déclaré Björn Rzoska des Verts flamands. "Les chiffres montrent que l’histoire racontée par Jambon est une légende urbaine. Je ne sais toujours pas qu'elles étaient vos intentions derrière", a ajouté la parlementaire Groen.

Pour Hannelore Goeman de la sp.a., Jambon n'a pas été suffisamment conséquent dans le tumulte qu'il a créé suite à son histoire. "Vous n'avez jamais admis avoir menti dans votre position de ministre-président. C'est une stratégie de polarisation typique de l'extrême droite".

Chris Janssens du Vlaams Belang s'est lui focalisé sur l'exemple donné par Beke dont la famille régularisée a touché 91.000 euros d'allocations familiales rétroactivement. "Une famille qui a résidé illégalement dans le pays a reçu 90.000 euros d'argent des impôts. Il faut imaginer à quel point cela semble amer aux oreilles des Flamands qui ont passé Noël dernier dans la pauvreté".

Enfin, Willem-Frederik Schiltz de l'Open Vld a de nouveau appelé Jambon à saisir l'occasion de la nouvelle année pour que le gouvernement flamand puisse prendre un nouveau départ.

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