Hendrik Bogaert pour le bilinguisme fonctionnel des fonctionnaires

Hendrik Bogaert dans le studio de Matin Première
Hendrik Bogaert dans le studio de Matin Première - © RTBF

Le secrétaire d'Etat CD&V à la Fonction publique était dans le studio de Matin Première ce lundi. L'occasion pour Hendrik Bogaert de revenir sur un dossier bloqué au gouvernement: celui du bilinguisme au sein de la fonction publique. Un bilinguisme "fonctionnel" et non parfait, précise-t-il.

Hendrik Bogaert plaide pour que tous les hauts fonctionnaires soient bilingues. Mais on grince des dents au sein du rang francophone. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique insiste: il s'agit d'un bilinguisme "fonctionnel" et non parfait. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans les réunions on parle français et néerlandais. L'invité de Matin Première vise un problème d'"efficacité".

Une loi allant dans ce sens existe bel et bien depuis 2002 mais n'est toujours pas appliquée. Hendrik Bogaert envisage de faire passer aux 150 "top managers" un examen de langue du Selor. Un examen "pas extraordinaire", précise-t-il en rappelant une fois encore que "c'est un examen qui teste le bilinguisme fonctionnel". Mais il insiste, cette mesure ne touchera "que" ces 150 top managers.

Flamandiser la fonction publique ? "Ce n'est pas le but !"

Le constat est là, une proportion plus importante de fonctionnaires francophones ne sont pas bilingues. Les statistiques du Selor le montrent également: les francophones ratent plus que les néerlandophones. Hendrik Bogaert insiste, son but n'est pas de "flamandiser" l'administration comme on le lui reproche du côté francophone. "Ce n'est pas grave de faire des erreurs quand on parle le néerlandais, il faut oser" lance-t-il. Toujours dans un souci d'efficacité.

Pas de rage des licenciements aveugles

La fonction publique est aussi touchée par les mesures d'économies du gouvernement. Hendrik Bogaert refuse de parler de "rage des licenciements aveugles touchant la fonction publique", comme le dénonçait la CSC la semaine dernière. "Il ne s'agit de quelques dizaines de personnes", nuance-t-il tout en admettant que c'est un drame pour les personnes concernées.

Pour ces personnes licenciées, une "seconde chance" au Selor leur aurait été donnée: "Ils peuvent postuler pour un autre poste vacant au sein de la fonction publique", assure le secrétaire d’État CD&V. "Ce n'est pas parce qu'ils sont licenciés maintenant qu'ils n'ont plus de futur dans la fonction publique".

Les fonctionnaires vont faire plus d'économies que souhaité: un signal positif

Il a été demandé aux fonctionnaires de faire 50 millions d'euros d'économies. Les fonctionnaires assurent, eux, qu'ils seraient capables de faire le double des économies qui ont été demandées. "Un signal très positif", se félicite le secrétaire d'Etat. En contrepartie, les fonctionnaires veulent faire "ce qu'ils veulent" de ces économies.

Les top managers ne veulent pas être traités comme des enfants et entendent bénéficier d'une certaine autonomie, explique Hendrik Bogaert. Pas de problème pour plus d'autonomie pour le secrétaire d'Etat. "Quelqu'un qui dépasse les objectifs doit être honoré dans ses efforts".

Elio Di Rupo fait ce qu'il faut pour convaincre la Flandre

Le Premier ministre ne convainc pas au nord du pays, c'est un enseignement tiré du Baromètre politique RTBF-La Libre Belgique. "Elio Di Rupo est très intelligent, c'est un vrai leader. Ça prendra un peu de temps pour convaincre les flamands", estime l'invité de Bertrand Henne, convaincu que ça s'améliorera: "Il fait beaucoup d'efforts, il fait ce qu'il faut, il y arrivera".

Pas de nouvelles taxes pour faire des économies

Deux milliards d'euros à trouver d'ici début mars. Instaurer une nouvelle taxe ne serait pas une bonne idée selon Henrik Bogaert: "Il faut respecter la consommation, le pouvoir d'achat des familles". Par contre, "nous devons essayer d'épargner plus sur les dépenses de l’État".

AdC