Hélicoptère d'aide médicale urgente: les interventions en croissance de 15%

Ce matin sur La Première, l'invité de Jacques Cremers était Philippe Miermans, l'administrateur délégué du centre médical héliporté de Bra-sur-Lienne, le seul hélicoptère de Wallonie destiné à un service d'urgence et de réanimation. Malgré des missions jugées essentielles par la population et le monde politique wallons, le centre médical d'urgence craint pour son statut.

Une augmentation des appels émanant de personnes âgées

Au carrefour des provinces de Liège, Namur et Luxembourg, l'hélicoptère de Bras-sur-Lienne propose un service unique en Wallonie: "L’hélicoptère part en mission sur réquisition du centre 112 de Liège, Luxembourg ou Namur. Notre nombre d’appels est en forte croissance: +15% déjà en 2018."     

Au cœur de l'été, l'hélicoptère intervient de plus en plus à cause des fortes chaleurs : "Nous constatons une augmentation des appels qui émanent de personnes âgées pour des décompensations respiratoires, cardiaques et des malaises." Cela s'ajoute aux interventions plus "classiques" en cas d'accidents sportifs ou de la route.

"Il nous faut un cadre de travail sécurisant"

Malgré cette spécificité de transport aérien, le centre médical de Bra-sur-Lienne dispose de peu de financement de la Santé publique fédérale: à peine 60.000 euros sur un budget annuel de 3,5 millions. "L’essentiel du financement de notre initiative vient de fonds privés. L'ASBL s'est créée il y a vingt ans dans une région mal desservie par les secours d'urgence. Le secours héliporté est une activité coûteuse. La carte d’affiliation que nous avons lancée a connu un grand succès: nous avons 120.000 affiliés pour le moment. Ils représentent la moitié du budget."

L’aide de 30 communes et de deux provinces permet à l’ASBL d’être en équilibre: "Etre autonome financièrement est une chance pour nous. Nous aurions très peur que des plans d’économie d’un gouvernement mettent en péril cet hélicoptère." En mars dernier, le Centre médical avait également reçu un subside de 130.000 euros du ministre de la Ruralité René Collin pour équiper cinquante terrains de football pour un atterrissage nocturne. 

En juin dernier, Maggie De Block a demandé l'avis du Conseil National de l'aide médicale urgente (CNSMU): "Le CNSMU avait déjà remis un avis positif en 2009, mais Maggie De Block voulait élargir cet avis." Il existe deux visions différentes de l'aide médicale héliportée, selon que l'on se place en Flandre ou en Wallonie : "Il y a deux hélicoptères pour l'aide médicale urgente en Belgique. Celui de Bruges va d’abord servir à amener les médecins sur les lieux d’urgence, ils transportent peu de victimes. Alors que nous, à Bra-sur-Lienne, la densité de population étant très différente, notre mission est avant tout le transport des patients vers les hôpitaux." 

"Un rempart à une vision néerlandophone différente"

Pour Philippe Miermans, le statut de son ASBL est menacé par un cadre légal inexistant : "Tant que nous sommes sur un statut expérimental, cela veut dire qu’à tout moment, un gouvernement peut décider de mettre fin à l’expérience." Mais l'hélicoptère est très célèbre auprès de la population du sud du pays, ce qui, selon lui, sert de "rempart" pour l'ASBL: "Quand Maggie De Block met un peu en péril la pérennité du centre héliporté, cela crée un soulèvement dans la population, notamment via les réseaux sociaux. Dans la région, tout le monde connaît quelqu'un qui a été secouru par l’hélicoptère. Tout le monde connaît son efficacité, cela le rend excessivement populaire."

Le centre de Bra-sur-Lienne fait également l'unanimité dans le monde politique francophone : "Tous les partis en Wallonie soutiennent l’hélicoptère par rapport à une vision néerlandophone différente."

Seuls sept hôpitaux wallons équipés pour accueillir les patients par hélicoptère

Philippe Miermans tire aussi la sonnette d’alarme : " En Wallonie, il y a peu d’hôpitaux disposant d'un héliport agréé. L’administration de l’aéronautique a interpelé les établissements hospitaliers, mais peu ont réagi. Il nous reste sept hôpitaux en province où nous pouvons encore déposer les patients. Pour des transferts rapides, il est important que les hôpitaux s’équipent d’une piste aux normes. "

 

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