Hébergement en urgence et relogement dans la durée, un casse-tête pour les sinistrés

Trouver un toit pour se mettre à l’abri. Une réalité vécue par des centaines de sinistrés des inondations dont le lieu de résidence est devenu inhabitable. Si la plupart sont assurés et recevront à terme une intervention financière pour couvrir leurs dégâts, la réalité à court terme c’est la difficulté de disposer d’un logement provisoire adapté à leurs besoins dans leur environnement immédiat.

Car bien souvent, chacun veut rester à proximité de son habitation pour plusieurs raisons : nettoyer, superviser les réparations, éviter les pillages, et vivre près de son lieu d’activité habituel.

La solidarité dans l’attente de retrouver une autonomie

Si à court terme, la solidarité familiale ou de quartier et l’aide des pouvoirs locaux a pu fonctionner, c’est dans la durée que la situation se complique.

La solidarité n’est pas éternelle, retrouver une autonomie est une nécessité

Dans de nombreux cas, les maisons et appartements sont inhabitables pour plusieurs semaines et même parfois plusieurs mois. Et parmi ceux qui n’ont pu compter que sur un hébergement temporaire à l’hôtel ou dans une résidence service, leurs assurances les invitent après une semaine à rechercher une autre solution…

Mobiliser les internats disponibles peut aider à passer un cap difficile

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Chambre internat © RTBF Olivier Thunus

En région liégeoise où les dégâts sont impressionnants, il faudra du temps pour assainir la situation. Le rétablissement des fournitures d’énergie, l’électricité en particulier, est indispensable pour entreprendre le nettoyage et rendre à nouveau la plus grande partie des habitations salubres. Sous la violence des flots de nombreuses citernes à mazout se sont répandues dans les caves des habitations et l’odeur reste présente dans la plupart des maisons concernées.

Une alternative pour l’hébergement d’urgence des prochains jours

Autant dire que l’assainissement de l’environnement prendra du temps. Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer évoque une situation très difficile qui va demander un solide effort collectif. "A l’heure où je vous parle on compte 12.771 sinistrés à Liège dont 6000 familles. Pour l’hébergement d’urgence, on va mobiliser des internats scolaires, qui sont nombreux chez nous et libres en ce moment, de même que des bâtiments universitaires". Cette formule devrait apporter une alternative pour l’hébergement d’urgence des prochains jours. Dans l’attente de pouvoir regagner son habitation, une fois les assainissements opérés.

Evaluer l’ampleur des dégâts et puis entamer les travaux

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Durbuy centre-ville inondé © Belga Anthony Dehez

Un peu partout les experts vont devoir déterminer l’ampleur des dégâts. Pour fixer le montant des indemnisations mais aussi évaluer la solidité des bâtiments qui ont le plus souffert. A Durbuy, le bourgmestre Philippe Bontemps a mandaté un cabinet spécialisé en stabilité des immeubles. Il sera à pied d’œuvre cette fin de semaine : "Il va déterminer une classification en trois catégories, les immeubles habitables sans travaux, ceux avec travaux et enfin ceux qui sont devenus inhabitables".

Les entreprises très sollicitées et pas de main-d’œuvre en suffisance

Pour Philippe Bontemps, les travaux risquent d’attendre chez certains en raison de la période des congés du bâtiment mais aussi de la pression mise sur le secteur : "les entreprises sont très sollicitées et ne trouvent pas de main-d’œuvre en suffisance. De plus le prix des matériaux a augmenté et certains sont devenus difficiles à trouver". A Durbuy, la solidarité a permis de trouver des hébergements d’urgence pour tous les sinistrés.

Mobiliser les logements de transit, de vacances ou de type "Airbnb"

A court terme, les hôtels ont été sollicités pour l’hébergement d’urgence mais cette formule est limitée dans le temps et ne convient pas aux familles. Il faut dès lors rechercher d’autres solutions à la fois adaptées à la situation des sinistrés et compatibles avec leur formule d’assurance. Pas simple comme équation. L’une des solutions est de mobiliser les logements les plus flexibles : appartements de transit, gîtes de vacances ou logements de type Airbnb.

Caravanes et containers pour rester près de son habitation

Ceux qui vivent en zone rurale et qui possèdent un bout de terrain attenant à leur habitation peuvent loger provisoirement dans une caravane, un abri de chantier ou un container adapté pour y loger. Mais pour ceux qui habitent en zone urbaine ou semi-urbaine, cette formule suppose de disposer d’une surface à proximité de sa maison ce qui est loin d’être évident lorsqu’on vit dans des maisons mitoyennes.

A long terme, les plus précaires auront accès en priorité à du logement social

Pour les solutions durables, il est question de relogement et là les pouvoirs publics disposent de leviers qui devront être utilisés judicieusement indique le bourgmestre de Liège : "Il y a des dispositions en région wallonne pour garantir aux personnes qui vivent en logement social d’être relogées. De même ceux qui sont dans des logements privés et qui sont dans les conditions de revenus pour accéder au logement social, suite aux événements, disposeront d’une priorité d’accès à ce type de logement".

Remettre sur le marché locatif les logements inoccupés

Mais ce type de procédure ne suffira pas à faire face à toutes les situations, il faudra mobiliser aussi une partie du patrimoine de logements actuellement inoccupés : "A Liège, il y a près de 3000 logements inoccupés", souligne Willy Demeyer. Un effort sera demandé pour qu’une partie importante de ces logements soit mobilisée en faveur de ceux qui sont dans le besoin.

Un acte positif d’aide aux sinistrés

A cet égard, les agences immobilières sociales sont de bons vecteurs pour contacter les propriétaires qui hésitent à remettre sur le marché locatif des biens qui ne sont pas ou plus aux normes. La perspective de disposer de revenus garantis via les AIS tout en réalisant un acte positif d’aide aux sinistrés paraît une bonne opportunité pour remettre sur le marché ces logements inoccupés.

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