Hausse du chômage des seniors encore et toujours

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La Belgique comptait en juin 332.960 chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi, soit 1,1% de moins qu'en juin 2018, selon l'Onem qui vient de publier ses derniers chiffres mensuels. A épingler cependant - une nouvelle fois, le phénomène devient récurrent - la forte, très forte progression du chômage des seniors !

En effet, si le chômage complet des jeunes (moins de 25 ans) fléchit de 5,3% (-1.303 unités), si le chômage des 25-49 ans diminue de 1,6% (-2.971 unités), si celui des 50-59 ans baisse de 8,3% (-7.238 unités), le nombre de chômeurs de 60 à 65 ans fait, lui, un bond : + 23,5% ou +7.873 unités en juin.  ans, + 7000 personnes en juin. Comment expliquer ce très mauvais chiffre ? 

Une dispense plus difficile à obtenir

Le gouvernement fédéral n'arrête pas de dire, notamment sous pression européenne, qu'il est très attentif à la remise au travail ou au maintien à l'emploi des 60-65 ans, d'où une série de décisions récentes pour que cette tranche d'âge reste parfaitement disponible pour le marché du travail. Mais forcément tous n'en trouvent pas. Les voilà donc pour bon nombre au chômage donc mais se retrouvant inscrits et comptés comme demandeurs d'emploi. A moins d'obtenir une dispense.

Sauf que depuis 2015, le gouvernement fédéral a décidé de relever l'âge minimum pour pouvoir demander cette dispense d'inscription comme demandeur d'emploi. C'était 60 ans en 2015, 64 ans en 2019, ce sera 65 en 2020. Yves Martens du Collectif Solidarité contre l'exclusion : "En fait, côté autorités, on essaie souvent de diminuer le nombre de chômeurs à compter (pour les sortir des chiffres et améliorer la comptabilité), et ici c'est le contraire, c'est une exception pour les personnes âgées... puisque auparavant, à 60 ans et parfois même avant, les chômeurs étaient dispensés de disponibilité sur le marché de l'emploi et donc on ne les comptait plus. Désormais on les compte de nouveau, avec un âge qui a été relevé progressivement puisque cela suit aussi l'augmentation prévue de l'âge de la pension. Il y a évidemment la volonté de dire que la Belgique, qui a été tancée plusieurs fois pour cela, fait un effort pour la disponibilité des chômeurs âgés et puis, il y a d'une manière très pragmatique, une demande de la Flandre qui connaît des pénuries d'avoir un maximum de personnes disponibles, y compris les personnes âgées... même si cela reste très contradictoire puisque dans les faits, concrètement, les  paradoxalement, les employeurs restent toujours très réticents, y compris en Flandre, à engager des travailleurs âgés".  

A la clé : contrôles et sanctions

D'où la progression forte et constante des aînés repris dans les chiffres de l'ONEM. Avec certaines contraintes pour ceux-ci. Yves Martents : "Il y a pour les chômeurs âgés, une disponibilité adaptée. Ils ne sont tout de même pas soumis tout à fait aux mêmes obligations que les autres chômeurs, notamment ils n'ont pas les entretiens de contrôle ex-Onem, désormais les organismes régionaux Forem et Actiris en Wallonie et à Bruxelles, de preuve de la recherche active d'emploi. Mais néanmoins ils doivent être disponibles pour le marché de l'emploi, c'est-à-dire qu'ils doivent répondre aux convocations des organismes régionaux, ne peuvent pas refuser une offre qui leur serait proposée et ils ne peuvent pas s'absenter et quitter le territoire national, en vacances, plus de quatre semaines (26 jours), sous peine de sanctions".  

Avec il faut bien le constater, malgré les efforts annoncés côté politique, des chômeurs qui risquent bien de l'être jusqu'à l'âge légal de la pension, lui-même à la hausse (67 ans à l'horizon 2030)... 

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