Guerre PS-MR sur le budget: "La N-VA se marre", assène Cheron

Guerre PS-MR sur le budget: "La N-VA se marre", assène Cheron
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Guerre PS-MR sur le budget: "La N-VA se marre", assène Cheron - © Tous droits réservés

Le gouvernement fédéral a bouclé fin mars son ajustement budgétaire, avec à la clé 750 millions de moins que prévu à recevoir par les entités fédérées. Une mesure qui crispe. Dans Mise au Point, ce dimanche, le débat a tourné à l’affrontement PS-MR.

Le gouvernement fédéral de Charles Michel a revu à la baisse le montant qu’il devra transférer aux Régions suite à la nouvelle loi de financement due à la sixième réforme de l’Etat et au transfert vers les entités fédérées d’une partie de l’IPP (impôt des personnes physiques).

Avec à la clef une économie prévue assez colossale : 750 millions d’euros. La moins-value est d'environ 250 millions d'euros pour la Wallonie, 105 millions d'euros pour Bruxelles et quelque 400 millions d'euros pour la Flandre.

Depuis l’annonce de cette mesure, la guerre est déclarée. La Wallonie, avec à sa tête le PS et le cdH, a décidé de ne pas tenir compte de ces nouveaux chiffres. Et la Région affirme qu’il y a des erreurs dans les calculs…

Alors erreurs ou pas ?

Pour Jean-Luc Crucke, vice-président du MR, "aujourd’hui le débat n’est pas de se demander si c’est une erreur ou pas. Il y a une application d’une législation dans le cadre de la sixième réforme de l’Etat. Bien sûr c’est dur pour les Régions, mais à force de dire que c’est dur, on ne trouve pas de solution pour l’avenir… Au fédéral, le gouvernent Michel a pris des mesures. Il faut bosser, se relever, prendre des mesures… En Wallonie, on dit : ‘On va attendre, attendre plus de concertation…’"

Mais pour Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "on est dans un modèle institutionnel qui pourrait atteindre ces limites… Le gouvernement fédéral s’est constitué sans se concerter une seule fois avec les Régions. On devait se mettre d’accord sur la base financière. Il y a trois semaines, on était devant des chiffres fournis par le fédéral plus optimistes… Il n’y a aucune concertation. Les entités fédérées demandent une transparence sur la méthode de calcul…"

Une opinion partagée par Guy Vanhengel, Open VLD, ministre du Budget en Région de Bruxelles-capitale, qui parle d’un mi-mac : "J’ai parlé de mic-mac parce que beaucoup d’éléments s’entremêlent. Les uns sont dans la majorité au fédéral, pas dans les Régions. Ça crée des tiraillements. Ensuite, ce qui nous dérange, c’est la loi spéciale, il fallait un arrêté royal concerté, ce qui n’a pas été le cas… Puis il y a eu des erreurs de calcul… Ensuite, on parle d’estimations, qui vont probablement être revue de façon plus optimiste en 2017…"

Guéguerre PS-MR et N-VA en embuscade

Marcel Cheron, Ecolo, dans l’opposition en Régions et au fédéral, estime que le véritable problème est la guerre que se livrent PS et MR. "Si on était dans le rationnel, on réunirait un vrai comité de concertation, on concerterait cet arrêté royal et on verrait la méthode de calcul… Ici c’est la bagarre entre deux partis, le PS et le MR, qui a des répercussions sur l’équilibre et la concertation entre les entités. Et moi je crains que la N-VA en profite…"

Et d’insister : "D’habitude on connaissait PS-MR en campagne, les meilleurs ennemis du monde… Les comités de concertation n’ont jamais été un long fleuve tranquille. Mais avant c’était une opposition Nord-Sud, maintenant c’est une opposition intra-francophone… La-N-VA se marre quand elle voit ça…"

Un argument saisi au vol par Rudy Demotte, qui renchérit : "Les mécanismes de loyauté fédérale sont dynamités de l’intérieur. Au fédéral, il y a un élément empoissonnant, la N-VA". Et d’estimer que le MR fait son jeu…

La Wallonie mal gérée ?

Mais pour le MR Jean-Luc Crucke, le véritable problème est bien la gestion de la Wallonie par le PS. "On ne peut pas continuer à gérer la Wallonie comme maintenant. La gauche refuse de le voir…"

Rudy Demotte estime quant à lui que c’est le Premier ministre qui n’a pas pensé à la Belgique dans son ensemble. "Si j’avais été Premier ministre, j’aurais pensé à faire un trajectoire budgétaire pour la Belgique dans son ensemble. Le fédéral dit que l’essentiel de l’effort doit être fait par les Régions. Comme nous ne sommes pas d’accord sur les chiffres, chacun fera un effort, mais nous ne serons pas capables de boucher ce trou..."

Marcel Cheron estime que Charles Michel est en mauvaise posture face à l’Europe. "Si la Région wallonne tient compte d’autres chiffres, pour le Premier ministre qui va devoir aller à l’Europe, avec déjà une procédure de déficit excessif contre la Belgique, comment va-t-il expliquer la trajectoire globale ? Comment va-t-il pouvoir faire autrement que négocier avec les Régions ?"

Et Francis Delpérée, cdH, député fédéral, d’asséner : "Les francophones, quand ils voient ça, se rendent compte qu’ils n’ont aucun relais valable au fédéral…"

J.C.

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