Groupe de réflexion "culture": la relance passera d'abord par des bourses aux artistes

Groupe de réflexion "culture": la relance passera d'abord par des bourses aux artistes
Groupe de réflexion "culture": la relance passera d'abord par des bourses aux artistes - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le groupe de réflexion chargé d'imaginer un "plan de relance" de la culture en Fédération Wallonie-Bruxelles a accouché durant le week-end d'un premier rapport fourni, étalant les pistes de réflexion et les propositions d'actions concrètes au bénéfice des artistes et acteurs du monde culturel, en grand besoin de sécurité économique après la précarité du confinement. Dans le viseur de la cinquantaine de professionnels du groupe, entre autres : la RTBF et les lieux "alternatifs" aux institutions classiques, comme les cafés-concerts, bibliothèques et lieux temporaires. Ceux-ci pourraient et devraient jouer un rôle plus important dans la diffusion d'une culture variée, accessible, ancrée localement, portée par des artistes correctement rétribués, souligne le groupe. 

Comme l'a souligné lundi la ministre de la Culture de Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard, la plupart des propositions "restent pour le moment des avis, qui doivent continuer leur chemin". En revanche, le gouvernement a déjà l'intention d'opérationnaliser à court terme deux mesures concrètes, "que l'on voudrait mettre en œuvre dès la rentrée", avec des moyens complémentaires au "fonds d'urgence" pour la culture, ajoute-t-elle.    

Le premier est l'attribution de bourses "de recherche et exploration". Ces paquets financiers de 3.000 à 10.000 euros défiscalisés, selon la proposition du groupe de réflexion, privilégieraient "la recherche fondamentale et l'expérimentation", sur le mode des bourses scientifiques du FNRS. "On n'est pas dans une obligation de résultats", souligne le co-président du groupe Philippe Kaufmann. Tout artiste qui veut retrouver un processus de création, également dans les domaines traditionnellement moins soutenus (musiques actuelles, danse, etc.), pourra se porter candidat, certainement si sa démarche incorpore une participation du public. "Le concept le plus intéressant dans les conditions proposées est l'idée de compagnonnage. On demande aux artistes de trouver un compagnon, au sens large: pas forcément une grande institution, cela peut être un centre culturel, une maison de jeunes, etc.", développe Philippe Kaufmann.   

Le second projet à court terme est le lancement à la rentrée d'un appel à projets pour des résidences d'artistes d'une saison auprès d'acteurs culturels locaux. Dans les explications des deux présidents du groupe de réflexion, Philippe Kaufmann et Céline Romainville, spécialiste UCL des droits culturels, l'ancrage local revient d'ailleurs de manière insistante. Sortir du confinement ne veut pas seulement dire "redonner du travail aux artistes", il s'agit en effet aussi de faire en sorte que le public revienne vers la culture. Dans cette optique, "il faut faire en sorte que les lieux de culture s'ancrent dans leur territoire, sortent de leurs murs", insiste Céline Romainville.
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK