Profond malaise parmi les fonctionnaires du SPF Finances

Les fonctionnaires du SPF Finances ont le blues. C'est un sondage réalisé par le syndicat UNSP (Union Nationale des Services Publics) qui le révèle: sur les 5000 personnes interrogées, 75% estiment que la qualité du service offert au public s'est dégradée, 91% ne ressentent pas de soutien de la part de leur direction, 58% ne postuleraient plus dans les conditions actuelles et 61% déconseilleraient à un proche de le faire. Plus inquiétant encore: 81% considèrent que la lutte contre la fraude fiscale s'est dégradée au fil des années. 

La situation est pourtant loin d'être neuve. Les fonctionnaires du SPF Finances dénoncent régulièrement leurs conditions de travail depuis une vingtaine d'années déjà. Le grief principal - au-delà de la surcharge de travail et du parc informatique défaillant - c'est le manque d'effectifs. Eric Brisbois, de l'UNSP Secteur finances, confirme: "En dix ans, nous avons perdu plus de 9000 agents. Le SPF devait avoir recruté 1800 agents avant fin 2018 et ils ne sont toujours pas là." Un manque de personnel qui a selon lui des conséquences très concrètes sur les contribuables: "Non seulement le service à la population est de moins bonne qualité, mais en plus, nous ne luttons plus contre la fraude fiscale. Qui dit moins de lutte, dit moins de rentrées. Donc automatiquement, on va réclamer au citoyen lambda des impôts qu'il n'aurait pas eu à payer si on avait pu avoir des rentrées fiscales liées à la lutte contre la fraude."

Le ministre fédéral des Finances a réagi à la publication de ce sondage. Alexander De Croo a mis en avant une enquête interne réalisée auprès de 10 000 agents du SPF. Une enquête aux résultats plus positifs et qui est, selon le ministre, plus représentative de la situation réelle. Le cabinet des Finances a promis 1877 embauches en 2019. Seules 419 ont été confirmées jusqu'à présent. 

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