Groen : l'autre élection présidentielle du week-end

3 "tickets"/duos mais surtout un duel Almaci-Rzorska
3 "tickets"/duos mais surtout un duel Almaci-Rzorska - © Tous droits réservés

Il n’y a pas que les militants PS qui sont appelés à désigner leur nouveau président de parti ce Week-end. Ce sera également le cas chez Groen, les écologistes du nord du pays. Pour un mandat de 5 ans. Avec un certain suspense puisque quelques 800 membres attendus de Groen auront à choisir entre 3 "tickets", trois duos de candidats. Mais on s’attend surtout à un duel frontal entre 2 candidats, à savoir Meyrem Almaci, la présidente sortante, face au chef de groupe et député flamand Björn Rzoska. Selon certains échos internes, Almaci devrait l’emporter. Mais chez les Verts du nord aussi, on n’est jamais à l’abri d’une surprise.

Almaci candidate à sa succession

Sans surprise, Meryem Almaci, 43 ans, d’origine belgo-turque, a décidé, le 6 septembre, de se déclarer candidate à sa propre succession lors d’une conférence de presse dans sa ville natale de Saint-Nicolas en Flandre orientale. Elle se présente en duo avec Dany Neudt, chef de cabinet de deux échevins successifs de Gand depuis 2014, issu de la société civile, cofondateur de l’organisation interculturelle antiraciste Kif kif.

Membre du WWF et de Greenpeace, Meryem Almaci a été successivement conseillère communale Agalev, porte-parole puis présidente des Jong Groen de 2005 à 2007, députée fédérale de 2007 à 2019, conseillère communale à Anvers de 2012 à 2014, cheffe de groupe de Groen à la Chambre, avant d’être élue au Parlement flamand lors du scrutin du 26 mai dernier. Elle est présidente du parti depuis novembre 2014, élue alors à 60% des voix face à Elke Van den Brandt.

"Nous avons vu, le 26 mai, que l’électeur a levé son majeur pour dénoncer la manière traditionnelle de faire la politique. En tant que parti, nous avons parfois perdu notre cœur dans la campagne. Mais nous restons l’un des vainqueurs de ces élections. En tant que parti écologiste, nous voulons proposer une politique pour tous, un parti qui ne veut pas diviser pour régner, synonyme de bonne gouvernance et de décence. Et qui se lève pour la planète. C’est notre ADN. Nous devons continuer à propager cette idéologie avec courage et fierté. Même si d’autres partis nous attaquent". Sauf que si le scrutin du 26 mai a vu un progrès des Verts au nord et au sud, ce progrès a été moins fort qu’espéré côté flamand au niveau fédéral comme régional. D’où une série de critiques internes sur la manière dont les top-figures du parti avaient mené la campagne, à commencer par Meryem Almaci. Dénoncé un style trop bobo, trop élitiste. Même le prédécesseur à la tête du parti, Wouter Van Besien, s’est joint au chœur des critiques sur fond d’opposition déclarée au gouvernement flamand, et alors que Groen ne figure plus – pas plus que Ecolo – dans les partis associés pour le moment aux discussions quant à la formation du prochain gouvernement fédéral.

L’outsider : Björn Rzoska

Chronologiquement, Meryem Almaci n’a pas été la première à présenter sa candidature. Dès le 30 août, le chef de groupe Groen au Parlement flamand Björn Rzoska, 46 ans, avait franchi le Rubicon. Associé à la Malinoise Rina Rabau (35 ans, actuelle chef de cabinet Ecolo-Groen à Ixelles) comme "running mate", qui deviendra donc vice-présidente en cas de victoire. Avec un discours résolument offensif : "L’avenir c’est maintenant, avec de grands défis politiques et sociétaux. Un parti Groen ultra-fort est nécessaire. J’ai désormais un mois et demi avec Rina Rabau pour utiliser chaque minute pour écouter les membres et les convaincre qu’une autre offre est possible". Egalement né à Saint-Nicolas, Björn Rzoska, historien de formation, est conseiller communal à Lokeren depuis 2007, député flamand depuis 2013, chef de groupe depuis 2014. Le 26 mai, tête de liste en Flandre orientale, il avait recueilli plus de 16.000 voix de préférence. Il a déjà été vice-président du parti de 2009 à 2013.

Rzoska se positionne pour défendre un parti "non pas pour quelques Happy few – c’est pour cela que nous avons perdu des électeurs -, mais pour tous", un parti qui serait "plus social. Il faut écouter et mobiliser plus largement, et oser le parler-vrai".

Un troisième "ticket" plus discret

Le 9 septembre, date limite des dépôts de candidatures, un troisième duo se présentait pour l’élection. Composé de Christophe Steyaert, vice-président de la section brugeoise de Groen, associé à Charlotte Storme, conseillère communale également à Bruges.

Aux militants donc de se prononcer au cours d’un "Toekomstcongres", à Tour et Taxis à Bruxelles, ce 19 octobre en fin d’après-midi. C’est là que seront donnés les résultats de cette élection présidentielle, après que les candidats se soient exprimés une dernière fois.

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