Grèves "sauvages": Marc Goblet invite à "comprendre les réactions émotives"

Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, était l'invité de Matin Première ce mercredi
Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, était l'invité de Matin Première ce mercredi - © Tous droits réservés

Le mécontentement social grimpe. La semaine est marquée par des actions coup de poing à la SNCB, chez les policiers et les enseignants côté francophone. Le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, revient sur cette actualité sociale mouvementée sans condamner les actions. Il appelle les travailleurs au calme et au respect du plan d'action national, mais invite aussi à "comprendre des réactions émotives".

La semaine a commencé avec des grèves sauvages des cheminots à la SNCB, elle se terminera avec des actions des policiers. Ce mercredi, ce sont les enseignants qui se mobilisent et mardi, des militants de la FGTB Namur se sont attaqués la façade du MR.

Des mouvements de colère "spontanés", assure Marc Goblet qui dément toute planification de la hiérarchie. Le secrétaire général veut fermement s'en tenir au plan d'action syndical "très poussé" qui prévoit "une grande manifestation nationale suivie de trois jours d’action par province, puis d'une grève générale le 15 décembre".

Il ne condamne pas directement, comme l'a fait la CSC, les actions coup de poing qui font l'actualité de cette semaine. "Nous sommes une organisation qui défend les travailleurs", dit-il en invitant à comprendre "des réactions émotionnelles" dues aux mesures prises par le nouveau gouvernement Michel. Mais il rappelle aussi que le non-respect des procédures et du plan défini par la hiérarchie syndicale risquerait de fâcher l'opinion. Il appelle donc au calme, car seul "un grand engouement citoyen assurera la réussite de notre manifestation", dit-il.

Rencontre prévue à la SNCB: la fin des actions sauvages?

Marc Goblet insiste aussi sur "l'importance de la concertation sociale": "Dès le moment où on a annoncé une rencontre de la SNCB avec la ministre Jacqueline Galant pour ce mercredi, on a constaté un retour à une situation normale", dit-il à la défense des cheminots. "Ce qui n’était pas normal, c’est qu’aucune réaction n’ait été observée au gouvernement ou chez l’administrateur délégué de la SNCB".

Pour lui la rencontre de ce mercredi peut aboutir sur une solution: "Je suis persuadé que les cheminots veulent trouver les accords, pour autant que les travailleurs sont écoutés et respectés", dit-il.

De là à garantir qu’il n’y aura plus de grève sauvage après cela… "Personne n’est en mesure de l'affirmer", explique le secrétaire général de la FGTB. "Dans une entreprise, s’il y a un problème qui se pose et qu’il n’y a pas de réaction de la direction, il est normal d'assister à une réaction émotive des travailleurs. Il faut les comprendre", dit-il. Bref, la balle est dans le camp de la direction de la SNCB et du gouvernement.

Clash de la façade du MR: "N'exagérons pas les choses"

Quant au clash de la façade du MR par des militants de la FGTB, Marc Goblet assure à nouveau qu'il était seulement informé "d’une action prévue devant le siège du MR". Les dégradations qui ont suivi sont donc regrettées et imprévues, et "la centrale a pris ses responsabilités en annonçant que les militants allaient payer", dit-il.

"Mais n’exagérons pas non plus les choses" ajoute-t-il en expliquant qu’"il y a souvent dans la société des actes de violence incontrôlés, dans les stades par exemple, et qu'on n’a pas la même réaction que quand ce sont des travailleurs qui sont dans l’émoi, touchés de plein fouet par les mesures du gouvernement".

Le secrétaire général de la FGTB répète toutefois son appel à "éviter les dégradations et les agressions": "Ce n’est pas cela qui servira la cause syndicale et aidera la mobilisation du citoyen", conclut-il.

G. Renier

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