Grèves des femmes: avec ou sans les syndicats?

Grèves des femmes: avec ou sans les syndicats?
Grèves des femmes: avec ou sans les syndicats? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Ce 8 mars, journée internationale du droit des femmes,  plusieurs collectifs et associations ont appelé à une grève nationale des femmes. Partout dans le royaume, les femmes sont invitées à déposer un préavis de grève, à ne pas accomplir les tâches domestiques et à participer à des actions pour faire valoir leurs droits.

Mais qu’en est-il des syndicats ? Soutiennent-ils l’appel à la grève ? Le son de cloche est différent en fonction du syndicat, même si tous affirment l’importance du mouvement.

La FGTB et la CSC soutiennent " massivement "

Le mot d’ordre à la FGTB est la mobilisation et le soutien massif. Le président du syndicat socialiste, Robert Vertenueil explique : "C’est une journée importante, nous étions parmi les 1er à dénoncer les inégalités entre hommes et femmes. Les femmes sont les premières victimes de ce gouvernement donc évidemment nous soutenons le mouvement ". Si la FGTB n’a pas officiellement déposé un préavis de grève, certaines centrales s’en sont chargées : la Centrale Générale, la CGSP enseignement, la CGSP Bruxelles et la MWB FGTB ont lancé un préavis.

Car cette journée du 8 mars est aussi pour la FGTB l’occasion de rappeler les revendications " Nous réclamons une individualisation des droits. Les femmes sont plus pénalisées que les hommes dans leurs carrières. Ce n’est pas normal, les femmes ont des carrières différentes des hommes parce que ce sont encore elles qui sont en charge des enfants notamment ", explique Robert Vertenueil.

C’est un combat social mais aussi sociétal ! Vous avez beaucoup de beaux discours sur l’égalité homme femme mais finalement les vieux réflexes machistes ; discriminatoires sont encore là " ajoute-t-il.

La CSC appelle également ses affiliés à rejoindre les actions. Là aussi le syndicat en profite pour sortir quelques chiffres : en 2017, l’écart salarial homme-femme était de 21% en Belgique et l'écart de pension de 28%. Gaëlle Demez est responsable nationale des femmes CSC: "Le mouvement est né en Espagne l'année dernière puis a pris de l'ampleur chez nous. Au départ, certains avaient décidé d'y prendre part de manière individuelle puis le collectif 8 mars nous a contacté. Alors nous avons décidé de couvrir toutes nos affiliées qui voudraient rejoindre le mouvement". 

La CSC participera donc également à la marche à 17h à la gare centrale de Bruxelles, et  mènera des actions dans plusieurs provinces. 

"En 2019, en Belgique, il est injustifiable que les travailleuses, parce que nées femmes, subissent des conditions de travail, de rémunération et des pensions inférieures aux hommes" expliquent les deux syndicats dans un communiqué commun.  

De son côté la CNE avait annoncé le dépôt d'un préavis de grève fin janvier en vue de cette action.

La CGSLB ne croit pas à la grève " mais "

On nous l’assure au syndicat libéral, la question du genre et d’égalité est quelque chose sur laquelle on travaille depuis des décennies. Mais on n’appelle pas ses affiliés à faire grève pour autant : " Ca ne veut absolument pas dire que l’on est pas concerné par la problématique, qu’on agit pas pour l’égalité homme femme. Mais après réflexion, nous avons estimé que faire grève le 8 mars n’était pas une réponse adéquate au problème " nous explique Olivier Valentin, le secrétaire national de la CGSLB. " Nous penchons pour une sensibilisation et une action constante. Ce que les collectifs font est très important, il faut continuer car on voit qu’il y a encore des soucis. En matière d’écart salarial mais aussi de plafond de verre notamment " ajoute-t-il.

Archives: Journal télévisé 09/11/2018

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