Grèves dans les prisons: les propositions de Koen Geens rejetées en masse par les agents pénitentiaires

Les gardiens de prisons vont-ils mettre fin à la grève? C'est peu probable après le rejet par les assemblées générales des prisons de Tournai, Lantin, Mons, Andenne, Arlon, Marche, St-Hubert, Huy, Paifve, Leuze, Jamioulx et Namur du protocole obtenu hier entre le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) et les syndicats.

Les agents pénitentiaires de Lantin ont rejeté le protocole, estimant entre autres qu'il est impossible d'envisager de travailler avec 10% de personnel en moins : "Voilà treize jours que nous demandons au ministre Geens qu'il n'y ait pas de restructuration dans les prisons", commente le délégué CGSP Yves Walthéry. "Nous poursuivrons notre action au finish, jusqu'à ce que nous soyons entendus."

À titre d'exemple, le délégué syndical ajoute que la maison d'arrêt de la prison de Lantin héberge actuellement 580 détenus alors que la capacité d'accueil est normalement limitée à 340 places. "Nous travaillons aujourd'hui avec trois agents pour 80 détenus, c'est intenable", conclut-il.

Tournai avait ouvert la marche

Même son de cloche que ce samedi matin à Tournai où une cinquantaine d'agents étaient présents : "À l'unanimité, le protocole a été rejeté. Ces dernières 24 heures, la situation a été calme à l'intérieur de la prison de Tournai. Cependant, on ne sait pas comment vont réagir les détenus et prévenus lorsqu'ils apprendront que l'accord a été rejeté", indiquait vers 10h30 Grégory Wallez, permanent fédéral de la CGSP Tournaisien. 

Le discours est le même à Marche-en-Famenne : "C'est un refus total à l'unanimité", assure un délégué syndical CSC. "Nous irons jusqu'au finish. De nouvelles actions pourraient être organisées début de semaine."

Plusieurs établissements ont décidé de finalement voter lundi, mais la plupart ont déjà fait savoir qu'en l'état il existe de fortes chances qu'ils suivent la même ligne que leurs collègues des différentes prisons.

Propositions insuffisantes 

Parmi les nouvelles propositions, une augmentation du nombre d'agents à recruter, 305 nouveaux d'agents et un gel des économies dans le secteur pour cette année 2016. 

Ce protocole d'accord est présenté à la base ce week-end, prison par prison. À Andenne, pour Denis Balthazar, délégué SLFP, ces propositions ne sont malheureusement pas suffisantes : "Ça commence à devenir risible. On est tous les jours à table pour des avancées qui sont moins que minimes. Nous on parle de poires, eux parlent de pommes. Il y a une légère avancée, ils augmentent le cadre d'agents, mais on est loin de ce que nous voulons. Nous on veut un 'non', noir sur blanc, à la rationalisation et cela pour l'ensemble de la législature actuelle. C'est relativement simple, nos revendications sont claires".

De son côté, la CSC a également confirmé cette intention de rejet : "Les prisons ne rentreront pas avec le protocole d'hier ! Nous sommes en grève depuis près de deux semaines et le ministre n'a toujours pas abordé notre première revendication !", a confié Marc Peeters, délégué CSC, à la RTBF.

Et la situation ne semble pas fort différente dans les autres prisons francophones, puisque différentes sources nous ont confirmé leur intention de ne pas voter en faveur de cet accord.  

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