Grèves (à suivre)

En route donc vers la grève générale… Et contrairement à certaines idées reçues, cela reste très rare chez nous : sur le dernier quart de siècle, on n’épingle que le 26 novembre 1993 (contre le plan global) et le 30 janvier 2012 (contre l’austérité aveugle du gouvernement Di Rupo) avant désormais ce 15 décembre 2014.

Pas de concertation…

La Belgique sociale se fonde depuis la guerre sur la concertation. S’il est vrai que l’on ne négocie pas (publiquement) en plein conflit social, il faut bien avouer que les accords interprofessionnels se font rares depuis quelques années.

La coalition des partis de droite en place tire d’ailleurs, assez logiquement, argument de cet état de fait pour mettre sur la table toute une série de réformes, qui ne sont finalement négociables qu’à la marge. Dès le début, la place réservée à la concertation se veut minimaliste, la coalition précédente emmenée par Elio Di Rupo n’avait pas agi autrement et n’a d’ailleurs rien détricoté de l’accord initial. Ce qui risque encore de se produire cette fois tant une révision même partielle des mesures d’économies reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore que représente un accord de gouvernement où tout est dans tout et inversement.

 

… ce que cherche la N-VA.

En Belgique, généralement, le gouvernement ne cède pas à la rue : on l’a vu en 1960, lors des gouvernements Martens-Gol, Dehaene, Verhofstadt ou Di Rupo… quitte à payer l’addition lors des élections qui suivent. Gaston Eyskens, Jean Gol, Jean-Luc Dehaene ou Elio Di Rupo pourraient (ou auraient pu) en témoigner.

La N-VA depuis toujours, tourne le dos au modèle " belge " de concertation, plaidant pour des accords interprofessionnels régionaux ou se faisant le relais des entreprises flamandes gênées par ce " modèle belge ".

Pas question pour les nationalistes d’assouplir l’accord de gouvernement ; la N-VA n’a pas amené de revendications communautaires, elle ne va pas en plus, accepter d’assouplir ses revendications économiques. Si concertation il y a, ce ne sera qu’à la marge.

Les nationalistes réalisent peu à peu leur programme. Bart De Wever voulait conquérir Anvers, puis la Flandre avant de mettre sur pied un gouvernement de droite au fédéral. Tout cela est déjà chose faite. Reste à gérer tous ces choix, et de la manière dont la N-VA l’envisage. Le cynisme et les mensonges de Jan Jambon sont là pour le marquer.

Les nationalistes parient sur un essoufflement de la grève plus rapide en Flandre et dans le secteur privé (comme en 1961 ou en 1984). Dans cette perspective, voir la CGSP partir, seule, bille en tête pour poursuivre les actions n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour Bart De Wever.

 

Philippe Walkowiak

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