Grève nationale du 13 février: pour le MOC, le gouvernement "ne propose que des miettes"

La semaine s’annonce chargée sur le plan social avec la grève nationale de ce mercredi. L’invitée de Matin Première est aujourd’hui Arianne Estenne, nouvelle présidente du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC).

Le MOC est la coupole qui réunit la mutualité chrétienne, le monde associatif (avec notamment Vie Féminine), mais également la CSC. Le monde syndical est d’ailleurs à l’origine d’une grève nationale en front commun ce mercredi 13 décembre. De nombreux secteurs seront à l’arrêt, des chemins de fer aux aéroports. Est-il utile de manifester lorsque le gouvernement est en affaires courantes ? La présidente du MOC en est convaincue : « La grève porte sur le travail décent, donc à la fois sur la question de l’augmentation des salaires, de la conciliation entre vie privée et professionnelle, et sur la question des pensions et prépensions. Le contexte d’un gouvernement minoritaire n’est pas si grave. C’est une grève qui s’adresse aux partis politiques, mais également à toute la société, qui envoie un signal pour dire qu’aujourd’hui, il se passe quelque chose », annonce-t-elle.

Convergence des luttes

Il est vrai qu’entre la grève nationale de ce mercredi, les nombreuses marches pour le climat, les manifestations de gilets jaunes ou encore la grève des femmes prévue le 8 mars, de nombreux Belges sont dans les rues. Pas question toutefois pour les syndicats de se laisser dépasser par les événements. Ces différents mouvements seraient plutôt complémentaires pour Arianne Estenne : « Ce n’est pas un débordement. On fait le constat aujourd’hui qu’il faut arrêter la destruction de la planète, de notre sécurité sociale, des allocations, des personnes, des femmes, des migrants, etc. Face à cette urgence d’arrêter toutes les destructions, il faut que l’on travaille ensemble dans une forme de convergence des luttes, mais aussi de façon démocratique », réclame-t-elle.

Menace gratuite

Le gouvernement reproche aux syndicats et associations d’être constamment dans une position défensive, sans réelle proposition. Mais pour le MOC, impossible de faire autrement. « La marge de manœuvre pour les syndicats et autres corps intermédiaires a été réduite à peau de chagrin, s’indigne Arianne Estenne. Quand on ne propose que des miettes, je pense qu’on a raison de quitter la table des négociations car on est dans un rapport de force qui ne permet plus d’instaurer une réelle discussion », constate-t-elle. Et la mise en garde du ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V), qui accuse les syndicats de faire le lit des volontés séparatistes, n’a pas de sens selon elle : « Le débat n’a aucun rapport avec le confédéralisme. Je pense que c’est une menace gratuite du ministre. Les syndicats répondront dans les jours qui viennent, mais pour préserver le dialogue, il faut pouvoir donner les moyens à tout le monde d’exister dans la négociation », assène-t-elle.


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Le CD&V est pourtant bel et bien soutenu par l’ACW, le pendant flamand du MOC. Une situation contradictoire qui s’expliquerait par la volonté du Mouvement Ouvrier Chrétien de se tenir à l’écart de tout parti politique. « Oui, on se trouve dans une situation asymétrique entre francophones et néerlandophones, admet Arianne Estenne. Mais nous, on se situe de façon libre justement pour pouvoir émettre des critiques sur tous les partis, y compris ceux dans la majorité. Cela rend notre travail plus compliqué, mais aussi plus intéressant en interne », conclut-elle.

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