Grève dans les hôpitaux publics francophones: les infirmiers brûlent leurs diplômes de spécialisation

Le personnel infirmier de nombreux hôpitaux publics wallons est en grève ce lundi. Les travailleurs en colère se sont rassemblés devant leurs établissements respectifs entre midi et 13 heures pour une action symbolique qui ne doit en principe pas perturber le fonctionnement des différents services.

Selon la CSC Services publics qui a lancé l’appel à la grève le mouvement est suivi au CHR de la Citadelle à Liège, au Centre hospitalier du Bois de L’Abbaye Seraing et Waremme et au CHR de Verviers, dans le Hainaut à Ambroise Paré et au CHP Chêne aux Haies à Mons, l’ISPPC et au CHU Montignies-le-Tilleul pour la région de Charleroi, aux "Marronniers" à Tournai, au "Domaine" dans le Brabant wallon ou encore au CHR Namur.

Au cœur du problème, on retrouve encore l’harmonisation des barèmes du public et du privé présentée par le groupe de pilotage IFIC. Elle avait déjà entraîné un mouvement de grogne la semaine dernière à l’hôpital Erasme à Bruxelles.

Au Bois de l’Abbaye, à Seraing, les infirmiers et infirmières spécialisés ont posé un geste fort lors du rassemblement ; ils ont brûlé leur diplôme de spécialisation ! Avec la réforme, ils ne seront plus valorisés regrettent-ils. "Je touchais 1500€ de prime pour mon diplôme de SIAMU. Je ne les aurai plus ! Sur les 20 ans de carrière qu’il me reste, ce la fait beaucoup d’argent", explique Virginie Delvaux, infirmière urgentiste SIAMU depuis 21 ans.

Mais au-delà des situations personnelles, l’inquiétude portent sur l’effet de cette uniformisation des salaires au niveau de l’attractivité du métier. Les barèmes des infirmiers spécialisés, ceux qui ont étudiés un an de plus que les autres, seront les mêmes que pour les non spécialisés. "Faire un an (d’étude) supplémentaire, juste pour travailler dans un service en particulier, mais sans majoration du salaire, je ne vois pas l’attrait pour les jeunes diplômés", explique Jérôme Baudoin, un infirmier en réanimation Bois de l’Abbaye. Or, selon lui, c’est justement dans les services comme les urgences et les soins intensifs que les manques d’effectifs sont les plus criants.

Enfin, cette action c’était surtout l’occasion de manifester un ras-le-bol général concernant le manque de considération ressenti par la profession. Après plus d’un an de crise sanitaire, ils sont nombreux parmi le personnel soignant à ressentir une forme de découragement et un besoin de souffler.

Une nouvelle action est prévue ce jeudi, le 17 juin, en front commun syndical cette fois.

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