La grève "au finish" se poursuit dans les prisons francophones du pays

Les piquets de grève se poursuivent devant la prison d'Andenne
4 images
Les piquets de grève se poursuivent devant la prison d'Andenne - © Monika Wachter/RTBF

Les prisons bruxelloises et wallonnes du pays sont toujours en grève ce jeudi. L'arrêt de travail devrait se poursuivre au moins jusqu'à lundi, a indiqué Jean Michel Hanozet, délégué CSC à la prison de Huy. "Le protocole du ministre a été refusé à la majorité mercredi soir. Nous poursuivons le mouvement 'au finish'", a-t-il affirmé à l'Agence Belga, précisant que la CGSP était solidaire. Dans les prisons néerlandophones, le service est assuré normalement.

Ce jeudi, en début d'après-midi, les assemblées générales du personnel des centres pénitentiaires de Lantin et de Paifve ont, de leur côté, voté en faveur de la poursuite de la grève. Les agents pénitentiaires de la prison de Saint-Gilles ont également décidé, par vote, de continuer la grève.

Mercredi soir, à l'issue d'une rencontre avec les représentants syndicaux du personnel pénitentiaire, le ministre de la Justice Koen Geens s'était réjoui du fait que les négociations étaient sur la bonne voie. Mais si les syndicats flamands estiment que des avancées ont été enregistrées, côté francophone les propositions du ministre sont toujours jugées insuffisantes. "Elles sont hors propos et ne répondent pas à nos revendications", assure M. Hanozet.

La pénibilité du travail n'est pas reconnue

Le ministre proposait notamment 350 engagements, un gel des économies à 6% jusque fin 2016, un remplacement systématique des départs et une prime de flexibilité un peu plus importante pour tous les membres du personnel.

Cependant, le relèvement de l'âge de la pension et l'instauration d'un service minimum constituent toujours une pierre d'achoppement dans les négociations. "La pénibilité du travail n'est pas reconnue", regrette M. Hanozet.

Lundi, des discussions seront menées en présence du médiateur social

La LDH veut que les discussions reprennent au plus vite

La Ligue des droits de l'Homme appelle jeudi les partenaires sociaux et le ministre de la Justice Koen Geens à se revoir au plus tôt pour reprendre les discussions. La grève entamée le 25 avril par les agents pénitentiaires a engendré une "situation humaine intolérable" pour les détenus et il est temps pour les parties "de prendre leurs responsabilités", estime la LDH dans un communiqué. Si la situation n'évolue pas rapidement, la Ligue déposera plainte contre les autorités pour non-assistance à personne en danger.

"Les responsabilités passent, entre autres, par la mise à disposition en urgence des moyens budgétaires nécessaires et suffisants pour permettre aux détenus de vivre dans des conditions dignes et respectueuses de leurs droits fondamentaux et aux agents d'avoir de bonnes conditions de travail", estime la LDH.

Pour la Ligue, la décision du bourgmestre de Forest, Marc-Jean Ghyssels, d'appliquer strictement l'arrêté interdisant notamment les trios en cellules à partir du 10 mai doit être soutenue. "Face à l'état de délabrement de la prison de Forest et aux conditions de vie épouvantables des détenus dans ce contexte insalubre, le bourgmestre a pris ses responsabilités", estime-t-elle. En menaçant de fermer partiellement ou complètement la prison de Forest, "il met le gouvernement au pied du mur et le place face aux conséquences consternantes de son inaction - et de celle de ses prédécesseurs."

La Ligue rappelle à l'exécutif fédéral et aux bourgmestres des communes concernées que tous "sont tenus de faire respecter les droits fondamentaux des citoyens, y compris des détenus".

Si la situation n'évolue pas "rapidement", la LDH n'aura d'autre choix que de déposer une plainte contre les autorités pour non-assistance à personne en danger, conclut-elle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK