Grève à Liège: des perturbations sont à prévoir jusqu'en soirée

La circulation des trains était totalement à l'arrêt ce mardi matin à Liège. Les voies étaient occupées par les grévistes.
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La circulation des trains était totalement à l'arrêt ce mardi matin à Liège. Les voies étaient occupées par les grévistes. - © Sébastien Georis

La circulation des trains était toujours perturbée au départ et vers Liège mardi en fin d'après-midi, à la suite d'une grève spontanée des conducteurs. Des retards et des suppressions sont encore à prévoir en soirée, avant un retour à la normale mercredi.

Près de 40% des conducteurs de trains des dépôts de Liège, Liers et Welkenraedt ont pris leur service mardi, selon la SNCB, qui a toutefois essayé de trouver des solutions pour assurer un maximum de trajets en sollicitant des chauffeurs d'autres dépôts.

Ainsi, l'entreprise publique estime que 50% des trains ont circulé sur la ligne vers Namur dans les deux sens. Beaucoup d'omnibus ont été supprimés mais il a été demandé aux trains directs de faire des arrêts supplémentaires. Vers Bruxelles et vers Visé-Maastricht, 70% des trajets ont été assurés, bien que davantage de suppressions ont eu lieu à certains moments de la journée.

Huit trains sur 10 en moyenne ont circulé vers Jemelle et Gouvy. La ligne la plus touchée reste celle vers Verviers et Welkenraedt, où seuls 20% des trains ont roulé. Des retards et des suppressions sont possibles jusqu'en soirée, bien que la SNCB assure tout faire pour assurer les derniers trains. Un retour à la normale à Liège est prévu pour mercredi. La SNCB craint toutefois d'autres grèves inopinées dans d'autres gares du pays.

Ce sont une fois de plus les mesures d'économie à la SNCB qui restent en travers de la gorge des cheminots. Comme le reconnaît le secrétaire permanent CGSP Thierry Moers, l'envahissement des voies ce mardi matin n'avait pas été planifié: "On m'a appris que ma base était partie dans les voies. J'ai couru après eux mais ma base m'a clairement débordé. Ça fait partie des grognes des travailleurs depuis le matin. J'ai essayé de les écouter et de les garder au dépôt, mais ils n'ont rien voulu entendre".

Ce mouvement de grogne intervient au lendemain de la grève menée par les conducteurs de train à Charleroi-Sud. Ils avaient débrayé pour protester notamment contre le manque de clarté de l'accord de gouvernement et le "cafouillage" concernant les économies à réaliser à la SCNB. La grève spontanée de ce mardi n'a donc pas vraiment surpris certains navetteurs: "Vu la situation des jours précédents, on pouvait s'attendre à ce que ça arrive un de ces quatre à Liège aussi", explique une navetteuse, qui reste malgré tout compréhensive: "Le mouvement de grève me paraît justifié" témoigne-t-elle.

La CSC et la CGSP soutiennent la grève des conducteurs

Ce mouvement a été décidé spontanément par les conducteurs, qui ont rapidement été soutenus par les syndicats en front commun. "Nous sommes solidaires de cette action. Nous le faisons pour les citoyens, car c'est sur eux que les mesures d'économie voulues par le gouvernement fédéral vont avoir des répercussions", juge Thierry Moers, secrétaire régional CGSP Cheminots.

"Le gouvernement nous attaque de toutes parts, d'abord en tant que citoyens puis en tant que cheminots", estime Marc Eyen, permanent régional CSC. "La direction de la SNCB veut aller plus vite que ce que l'Europe impose en matière de libéralisation des chemins de fer, la ministre Galand évoque différents chiffres sans que l'on sache vraiment quelles seront les mesures d'économie, certaines lignes secondaires sont menacées. C'est un mouvement de ras-le-bol, ces mesures sont imbuvables".

Le responsable de l'ACV Transcom, Luc Piens, a toutefois indiqué ne pas soutenir l'action liégeoise. "Les cheminots doivent suivre le programme établi la semaine passée, qui prévoit des actions de la fin novembre à la mi-décembre. Nous comprenons le mécontentement des gens de terrain mais chaque fois, nous leur demandons de mettre un terme à leur action spontanée", a-t-il déclaré. "Même si les conducteurs réunis actuellement en assemblée générale décident de reprendre le travail, d'autres actions dans d'autres services ou d'autres villes ne sont pas exclues", a de son côté averti Thierry Moers (CGSP).

Les associations de navetteurs dénoncent la grève "sauvage"

Si elles s'opposent elles aussi aux mesures d'économies qui toucheront la SNCB, les organisations de navetteurs, Navetteurs.be et TreinTramBus, se disent "déçues qu'on choisisse des actions sauvages plutôt que la concertation", ont-elles fait savoir dans un communiqué commun. Les deux associations qui "espèrent que les syndicats pourront persuader la base de mettre fin aux grèves sauvages".

"Ces grèves sauvages nuisent à la crédibilité du train en tant qu'alternative à la voiture et, de cette manière, renforcent la vision du gouvernement, qui ne voit que les coûts des services publics", concluent-elles.

Marc Hildesheim avec Sébastien Georis

Les informations sur les perturbations sur le site Railtime

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