Greenpeace accuse Electrabel d'espionnage

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Un rapport qui révèle que l'organisation environnementale Greenpeace a été l'objet d'une enquête à la demande du fournisseur d'électricité Electrabel refait surface. Greenpeace parle d'espionnage, Electrabel explique qu'il s'agit d'une partie d'une analyse générale des menaces qu'elle avait commandée.

L'organisation Greenpeace a-t-elle été espionnée à la demande d'Electrabel ? "Le Soir Magazine" y consacre un dossier cette semaine. Une société de renseignement privée a enquêté en 2006 sur la menace que pouvait faire peser Greenpeace sur les centrales d'Electrabel. "Les actions de Greenpeace contre Electrabel sont organisées à partir de méthodes 'militaires'." C'est une des conclusions de ce rapport, que lEuropean Strategic Intelligence and Security Center (ESISC) a remis le 26 octobre 2006 à Electrabel.

Ce document avait fait surface à l'occasion d'un procès intenté par Electrabel fin 2006 contre Greenpeace pour association de malfaiteurs, suite à l'occupation du siège du producteur délectricité en 2006 et à l'envahissement de centrales. Les poursuites contre l'organisation environnementale ont été abandonnées, mais l'affaire connaît une suite, car le dossier contenait un "rapport d'espionnage" de deux pages.

L'ancien journaliste Claude Moniquet, expert en terrorisme et directeur de l'Esisc, confirme avoir enquêté pour Electrabel sur Greenpeace et sur d'autres menaces potentielles, comme le terrorisme islamiste. Il affirme n'avoir rien fait d'illégal pour obtenir les informations et s'être contenté d'analyser les informations disponibles publiquement.

Il était cependant apparu en marge du conflit entre Greenpeace et Electrabel que Claude Moniquet ne possédait plus de "permis en conseil en sécurité". Le ministère de l'Intérieur le lui a refusé en août 2007 pour port d'arme illégal et détournement de biens saisis. Claude Moniquet affirme que son permis était encore en ordre au moment où il a réalisé le rapport sur Greenpeace.

Alors que chez Greenpeace, ce genre de méthodes inquiète, chez Electrabel on explique que cette enquête était nécessaire pour assurer la sécurité des centrales. A lépoque, le contexte était incertain.

(A.L. avec J.F. Noulet et Belga)

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