Gouvernement Wilmès : émotion et soutien de neuf partis du Parlement, sans chèque en blanc

Séance très solennelle ce matin à la Chambre. Dans un hémicycle quasi vide, avec comme seuls présents la Première ministre, ses vice-Premiers et les chefs de groupe, les différents partis ont débattu de la demande de confiance formulée mardi par Sophie Wilmès.

La crainte de la contamination par la N-VA était plus grande que la crainte du virus

Ceux-ci se sont succédé par poids politique, du plus important en nombre de sièges, au plus petit. C’est donc le N-VA Peter De Roover qui a ouvert le bal. Le nationaliste a regretté l’impossibilité de monter un gouvernement "avec les plus grands partis du nord et du sud, un gouvernement concentré sur la lutte contre le COVID-19. Mais la crainte de la contamination par la N-VA était plus grande que la crainte du virus." Refusant la confiance au gouvernement minoritaire Wilmès II, le nationaliste pose la question : "Y a-t-il une chose qu’on ne pouvait pas faire en affaires courantes dans la lutte contre le coronavirus ? Les affaires courantes servent justement dans ce genre de situation […] C’est un prétexte."


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Au nom du groupe Ecolo-Groen, Kristol Calvo annonce un vote en faveur de la confiance et estime que la situation actuelle est "une opportunité pour le monde politique" avec la possibilité de développer une "meilleure relation entre le Parlement et le gouvernement."

L’écologiste balaie les questions communautaires et politiques : "Ce n’est pas une question nord-sud, ce n’est pas une question de partis : c’est simplement une question de vie ou de mort".

"Des pouvoirs sociaux"

Pour le groupe PS, Ahmed Laaouej soutient également la confiance. Le socialiste axe l’essentiel de son discours sur les valeurs de solidarité. Le vote de confiance du PS, "c’est le choix de la solidarité […] la sauvegarde des intérêts vitaux de la nation. […] Il faut assurer la concertation sociale et implications les interlocuteurs sociaux" Ce soutien n’est pas un chèque en blanc, le PS le fait "avec lucidité et vigilance."

Sur les futurs pouvoirs spéciaux que recevra le gouvernement dans les jours, Ahmed Laaouej évoque une "décision grave, par nécessité, explicitement lié à la gestion de la crise du coronavirus. […] Les pouvoirs spéciaux doivent aussi être des pouvoirs sociaux." Ce vote positif ne signifie pas absence d’esprit critique. Et le Bruxellois de s’interroger : "Comment dans un pays comme la Belgique a pu se retrouver face à un risque sévère de manque de masque ? Est-ce à cause des coupes imposées dans les soins de santé ? Nous le pensons."

Au nom du MR, Benoît Piedboeuf soutiendra évidemment la Première ministre libérale. Le chef de groupe MR appelle dénonce "l’égoïsme, le racisme, le sentiment supérieur démenti par l’histoire" et appelle à "retrouver le sens politique profond, dans le respect de chacun."

Le refus de la N-VA de voter la confiance au gouvernement Wilmès passe mal : "Le veto n’améliore pas le pouvoir d’achat, ni le taux d’activité ou encore le déficit budgétaire. […] Nous aurions préféré une autre solution, mais la situation est bien trop grave que pour ne pas agir. Nous avons le devoir d’aider au maximum les gens touchés, malades ou victimes économiques."

Pour le groupe PTB, Raoul Hedebouw refuse la confiance au nouveau gouvernement tant en se disant "constructif". Le Liégeois regrette que les mesures de confinement ne soient pas plus drastiques et interroge sur le maintien de l’activité dans des entreprises non-essentielles, comme la construction ou le nettoyage. Pour le PTB, "le débat parlementaire doit continuer" raison pour laquelle, le parti annonce qu’il s’abstiendra en ce qui concerne les pouvoirs spéciaux.

"La détresse" des infirmières à domicile

La cdH Catherine Fonck, médecin de formation, a témoigné des grandes difficultés que connaît sa région (la région montoise). Elle a également évoqué, avec beaucoup d’émotion, le travail des infirmières à domicile – "la détresse" – qui sont en première ligne : "La procédure leur interdisait de distribuer des masques. […] Soyez attentifs aux réalités vécues sur le terrain".

Le cdH votera la confiance, mais la confiance n’est pas illimitée "ni aveugle. L’objectif est bien délimité : la pandémie." Pour Catherine Fonck, faisant référence au confinement, "être solitaire ne nous empêche pas d’être solidaires."

Dernier francophone à s’exprimer, François De Smet, pour Défi, entend différencier les "adversaires" politiques de "l’ennemi" COVID-19 : "L'essentiel est ailleurs. Comment peut-on ne pas se joindre à l’intérêt général alors que jamais l’intérêt général n’aura été aussi facile à identifier ?" Pour le président de Défi, "toute autre considération est secondaire".

Le vote doit intervenir à partir de 14h30. Nul doute que Sophie Wilmès et son gouvernement obtiendront la confiance.

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