Gouvernement wallon : une première année infectée par le coronavirus, et un 40ème anniversaire en mode mineur

Gouvernement wallon : une 1e année infectée par le coronavirus
Gouvernement wallon : une 1e année infectée par le coronavirus - © Rudy Hermans - RTBF

Ce week-end aurait dû être celui des Fêtes de Wallonie à Namur. Mais en raison de la crise sanitaire, les réjouissances populaires n’auront pas lieu cette année. Pas de concerts, pas de bars improvisés, pas de Bia Bouquet à chaque coin de rue, jusqu’à l’aube. Seules les festivités officielles sont organisées, en très petit comité ou sur les réseaux sociaux.

Ce sera le cas ce samedi pour les traditionnels discours politiques, notamment ceux des autorités régionales. C’est l’occasion de faire un 1e bilan, un an après l’installation d’une nouvelle majorité PS-MR-Ecolo en Wallonie.

Le Covid-19, quasi exclusivement

Dès ses premiers pas, l’exécutif régional a dû gérer le cas de l’intercommunale Enodia (ex-Publifin) et de sa filiale Nethys, avec ses rebondissements quasi quotidiens. Et puis, faut-il le rappeler : cette 1e année de la législature a été marquée par le coronavirus. Il a fallu gérer cette crise inédite qui a touché l’ensemble des secteurs d’activité, et ça a bouleversé l’agenda des députés et des ministres wallons.

Comme leurs homologues des autres gouvernements, les ministres wallons se sont entretenus à ce sujet quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, pour décider souvent, et vite. Et le parlement régional, dans son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, s’est aussi focalisé sur cette crise. Du coup, le reste de l’activité politique a été considérablement freiné.

Quelques chiffres pour s’en rendre compte. Au cours de l’année écoulée, il y a eu une baisse d’environ 20% de questions posées par les parlementaires aux membres du gouvernement. Plus important : la diminution de près de 40% des propositions et des projets de décrets – donc des textes législatifs – par rapport à une année de fonctionnement classique. L’impact du virus est évident.

Des finances sous pression

Budgétairement aussi le coronavirus a chamboulé les plans de la majorité wallonne. La facture finale n’est pas encore connue, mais des recettes en moins et beaucoup de dépenses en plus, ça représente une addition d’environ 1,8 milliard pour les caisses régionales. C’est énorme.

Ce sera couvert par des emprunts à taux très bas, par de nouvelles économies, peut-être aussi par une mobilisation de l’épargne des citoyens qui le souhaitent.

Mais ça pèsera inévitablement sur la réalisation de la feuille de route du gouvernement, même si officiellement on ne parle pas encore d’abandon de telle ou telle promesse.

De grands projets maintenus

Malgré le contexte, certains grands investissements ont quand même été officialisés. La Wallonie va ainsi investir 1,2 milliard d’euros pour la rénovation de 25.000 logements sociaux d’ici la fin de la législature, et le secteur en a grandement besoin.

Le gouvernement a aussi signé un chèque de 2 milliards pour un grand plan "Infrastructures". En 7 ans, il doit permettre de dynamiser le secteur de la construction et de favoriser une mobilité plus partagée et plus durable.

Un énième plan de relance

La Région a 40 ans cette année. Et il y a près de 40 ans, Guy Spitaels lâchait cette formule devenue quasi mythique : "Ce sera dur, mais les Wallons s’en sortiront". Aujourd’hui, c’est un peu le message du ministre-président wallon, qui promet de tout faire pour que cette fois, ça marche.

Et la botte secrète d’Elio Di Rupo s’appelle "Get up Wallonia", soit "Debout la Wallonie", le nouveau plan qui doit permettre à la Région de rebondir, de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

"Get up Wallonia" doit être le phare des 10 prochaines années, voire davantage. Les mesures Covid, c’était l’urgence et la réaction. Ici, il s’agit de perspective et de réflexion, sur l’économie, l’emploi, la santé, l’aménagement du territoire, l’environnement et le climat évidemment.

La population sera consultée également dans les tout prochains mois, pour donner "une légitimité maximale" aux mesures qui seront prises.

Elio Di Rupo promet un véritable "basculement" qui doit "changer la face de la Wallonie". Comment ? Réponse attendue au début de l’année 2021.

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