Gouvernement wallon: augmenter le taux d'emploi en Wallonie, une mesure réalisable?

Le PS, le MR et Ecolo sont parvenus lundi après-midi à des accords pour des déclarations gouvernementales en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Concernant l'un des aspects économiques, Elio Di Rupo, le président du parti socialiste a mentionné une ambition importante: doper le taux d’emploi en Wallonie en l'augmentant de cinq points pour le faire passer de 63,7% à 68,7% à l’horizon 2025.


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Un objectif très ambitieux qui implique notamment d’agir sur les métiers en pénurie en Wallonie. "Le gouvernement mobilisera aussi tous les acteurs concernés pour apporter une réponse structurelle aux métiers en pénurie. Vous savez que le nombre s’accroît, c’est une question lancinante pour l’économie et nous voulons y travailler et y répondre", a-t-il précise lundi. 

Un défi réaliste? 

C’est un sacré défi, même si en cinq ans, le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés a chuté en Wallonie. Mais sur la même période, le taux d’emploi a lui augmenté de 1,4 point selon le Forem ; ce n’est pas énorme et il faudra donc faire trois fois mieux pendant cette législature.

Cet objectif convient à Olivier de Wasseige, l’administrateur délégué de l’Union wallonne des entreprises, mais il attend des précisions. "C’est bien de le dire et c’est évidemment ce qu’on demandait, encore faut-il savoir comment on va y arriver, quels moyens on va allouer et quelle réforme on va faire, parce que tant qu’on ne voit pas le détail et le diable dans les détails, après on pourra dire que c’est faisable ou que ce n’est pas faisable, que c’est suffisant ou que ce n’est pas suffisant. Sur l’emploi, je pense que c’est tout à fait réaliste, pourvu qu’on mette les conditions pour y arriver."

Cellule d'anticipation économique

Du côté de la FGTB wallonne, Thierry Bodson partage lui aussi cet objectif de doper le taux d’emploi. Mais après une première lecture rapide du texte, il n’est pas pleinement convaincu. Il manque, dit-il, une cellule d’anticipation économique pour mieux organiser la formation.


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"Il y a des secteurs qu’il va falloir soutenir, il y a des secteurs qui vont être en croissance et d’autres qui vont peut-être avoir des difficultés. Ça fait des années que nous disons que si on veut réellement créer de l’emploi en lien avec la vie de ce secteur-là, il faut qu’il y ait une véritable cellule d’anticipation qui unit la matière économique et l’ensemble des outils financiers et économiques wallons avec le Forem et les autres acteurs de la formation. Aujourd’hui, ces ponts n’existent pas et je n’ai pas vu qu’on essayait de les créer dans la note."

Et évidemment, il faut prêter attention à la conjoncture économique internationale, elle peut faciliter ou au contraire entraver les objectifs du futur gouvernement wallon. Or cette conjoncture est tout doucement en train de se détériorer. On le voit déjà en Wallonie : l’activité dans le secteur de l’intérim ralentit, le chômage temporaire a tendance à augmenter et les faillites d’entreprises sont en forte hausse.

On le voit aussi au niveau international, la conjoncture se dégrade avec en particulier la guerre commerciale de Donald Trump avec la Chine et à peu près tout le monde et les incertitudes liées au Brexit. 

La Wallonie n’est pas seule sur l’échiquier économique, elle exporte beaucoup, donc est forcément lié à la conjoncture internationale.

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