Gouvernement Vivaldi : Georges-Louis Bouchez l'assure, la pension minimale s'élèvera bien à 1580 € brut en 2024

Georges-Louis Bouchez met fin aux interrogations : la pension minimale sera bien équivalente à 1500 € brut en 2024
Georges-Louis Bouchez met fin aux interrogations : la pension minimale sera bien équivalente à 1500 € brut en 2024 - © RTBF

Le nouveau gouvernement Vivaldi est à peine formé qu’un retour sur quelques-uns des points forts du programme s’impose.

La thématique des pensions figurait parmi les plus attendues par la population. Nous apprenions ainsi que la pension minimale après une carrière complète, soit 45 ans, s’élèverait bien à 1500 € en 2024. Brut ou net, telle était cependant la question à laquelle il était facile de se tromper. "Était", puisque Georges-Louis Bouchez, président du MR, a apporté ce mercredi sur le plateau d'"À Votre Avis" une réponse claire : la pension minimale s’élèvera précisément à 1580 € brut par mois en 2024.

Catherine Fonck, cheffe de groupe cdH affirme que ce manque de clarté ait leurré la population et le chef de groupe PTB à la Chambre, Raoul Hedebouw, estime quant à lui que de nombreux Belges ne verront jamais la couleur de cette pension minimale : "J’ai l’impression que l’on ment sur la marchandise. Il faut bien se rendre compte que 90% des femmes n’auront pas 45 ans de carrière. C’est une première arnaque. La deuxième, c’est que le texte dit "on veut aller vers le net", mais les éminences du MR ont déjà clairement communiqué que pour 2024, ce serait du brut. Le troisième élément, c’est qu’entre aujourd’hui et 2024, il y a quatre ans. Faites le calcul avec l’inflation et vous arriverez avec une équivalence du pouvoir d’achat qui fera que ces fameux 1500 € reviendront en fait à 1300 €. Je regrette que nos pensions soient inférieures de 30 à 40% avec nos voisins allemands et français et ne comprends pas pourquoi nous n’avons pas pu faire 1500 € net aujourd’hui. C’est ce que les gens demandaient et la portée sociale au-delà des partis politiques le permettait."

Georges-Louis Bouchez : "Il y a une réalité budgétaire"

"Je ne comprends pas bien pourquoi certains essaieraient de faire croire que c’est un montant net", rétorque Georges-Louis Bouchez. "Pour faire la pension à 1500 € net, il aurait fallu 3,6 milliards d’euros. Or aujourd’hui le gouvernement a décidé de ne dépenser que 3,3 milliards d’euros pour toutes les dépenses nouvelles (pensions, allocations sociales, investissements dans la justice …). Il y a une réalité budgétaire. Si je pouvais donner une pension de 2000 € à tout le monde, je le ferais. Mais créer des dépenses structurelles extrêmement élevées signifie qu’il faudra augmenter les impôts dans la même proportion."

Pour sa part, Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, estime qu’une prise en compte de la pénibilité du travail est indispensable dans le calcul de la pension minimale.

Lutter pour une justice fiscale plus juste ?

Autre point important du programme de l’équipe "Vivaldi" : la fiscalité. Si Georges-Louis Bouchez assure qu’il est bel et bien prévu de lutter contre la fraude fiscale, Marie-Hélène Ska émet quelques doutes quant aux moyens employés pour parvenir à une justice fiscale plus juste : "J’ai remarqué dans les tableaux budgétaires de l’accord du gouvernement que l’on parlait de nouveau d’aller chercher d’ici la fin de la législature un tiers de recettes nouvelles, un tiers d’économies à effectuer et un tiers de recettes autres. On reste donc dans cette idée qu’il faut faire des équilibres mêmes s’ils n’ont pas beaucoup de sens." Elle reprend : "Nous avons une vraie question par rapport au fait que l’Europe ait mis des moyens conséquents sur la table pour pouvoir relancer l’activité économique. Nous devons revoir un certain nombre de dogmes au niveau budgétaire et je trouve qu’il y a peu d’éléments à ce sujet dans l’accord du gouvernement alors que les taux d’intérêt sont faibles aujourd’hui et que nous devrions pouvoir dégager des moyens (…) pour financer la justice, la sécurité sociale. Beaucoup de ménages ont actuellement des difficultés à joindre les deux bouts, beaucoup se demandent s’ils seront licenciés. En attendant, il y a 20 milliards de plus sur les carnets d’épargne. Donc des personnes dans ce pays s’en sont finalement bien tirées pendant la pandémie. Ce que nous demandons, c’est qu’il y ait un équilibre et une justice à ce niveau-là."

La sortie du nucléaire en 2025, « un bain de sang social »

Troisième grande thématique du programme : le nucléaire.

Selon Damien Ernst, spécialiste énergie à l’université de Liège, la sortie du nucléaire en 2025 est réalisable mais aura des conséquences : "Ce sera faisable sans trop de risque de black-out, mais nous le paierons cher. Ce sera un bain de sang social. Nous émettrons plus de CO2 et nous perdrons une très grande compétence dans le domaine nucléaire." Le spécialiste parle également d’une "coalition anti-nucléaire". "L’accord du gouvernement est très clair : on ne peut prolonger l’utilisation du nucléaire en 2021 que si l’on constate un problème de sécurité d’approvisionnement. Donc que ce soit le prix, l’emploi, la perte de compétence ou le CO2… Tout cela part à la poubelle. Il faut appeler un chat un chat."

Enfin pour Raoul Hedebouw, cette fermeture est indispensable : "Tant qu’il y a le nucléaire, les autres énergies renouvelables sont inefficaces et non-rentables sur le marché libre. Je pense qu’il faut fermer le nucléaire pour obliger d’investir 5 milliards par an dans la production d’énergie verte qui produit 3 à 4 fois plus d’emplois."

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