Gouvernement Di Rupo: biographie Joëlle Milquet (cdH)

Joëlle Milquet (cdH) est nommée Vice-première ministre et ministre l'Intérieur.
Joëlle Milquet (cdH) est nommée Vice-première ministre et ministre l'Intérieur. - © DIRK WAEM - Belga

La vice-Première ministre sortante Joëlle Milquet reste au gouvernement fédéral qu'elle a intégré pour la première fois en 2008. Après l'Emploi et l'égalité des chances, elle hérite dans le nouvel exécutif de l'Intérieur, une compétence longtemps exercée par les PSC Charles-Ferdinand Nothomb et Joseph Michel dans les années 80, et des Réformes institutionnelles. Elle sera vice-première ministre.

Joëlle Milquet est née le 17 février 1961 à Charleroi. En 1984, elle est licenciée en droit de l'Université catholique de Louvain où elle sera assistante, tout en étant inscrite au barreau de Bruxelles.

Après une expérience à la Cour de justice des Communautés européennes, elle a rejoint le groupe PSC du Sénat pour devenir ensuite chef de cabinet adjoint du ministre de l'Enseignement supérieur Michel Lebrun, où elle côtoiera André Antoine, et puis Secrétaire politique des sociaux-chrétiens francophones.

En 1995, elle est devenue sénatrice et c'est au cours de cette année qu'elle occupe pour la première fois l'avant-scène de l'actualité politique. Le 16 décembre, Gérard Deprez quitte la présidence du PSC qu'il occupait depuis 14 ans. Il veut placer à la tête d'un parti marqué par le déclin électoral Joëlle Milquet, apte à ses yeux à incarner le renouveau des sociaux-chrétiens francophones.

La tentative sera pourtant un échec. L'un des caciques du parti, Charles-Ferdinand Nothomb, brigue lui aussi la présidence, qu'il avait d'ailleurs exercée avant Gérard Deprez. Il l'emportera de quelques voix.

Joëlle Milquet attend 1999 pour devenir présidente du PSC après le bref intérim de Philippe Maystadt, la déroute des sociaux-chrétiens aux élections et leur rélégation dans l'opposition. Elle s'emploiera à rajeunir le parti et à moderniser son image. En 2002, elle effacera la référence chrétienne de sa dénomination pour en faire le cdH: le centre démocrate humaniste. Le parti demeure pour autant fragile, certains prédisent même sa disparition à terme de l'échiquier politique.

Joëlle Milquet veillera rapidement à sortir son parti de l'isolement dans lequel il s'est retrouvé après la constitution des majorités arc-en-ciel. Depuis les bancs de l'opposition, le PSC contribuera au vote des accords de la Saint Polycarpe au nom du refinancement de la Communauté française et de la pérennité de l'enseignement francophone.

Les élections de 2003 se traduisent pour le cdH par un score qui reste faible et le parti devra passer une législature fédérale de plus dans l'opposition. Il affrontera même une tentative d'OPA du MR sur une partie de ses cadres qui se marquera par le départ du député-bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux.

Il faudra attendre les élections de 2004 pour voir le cdH revenir dans les majorités des Régions wallonne et bruxelloise et à la Communauté française, en alliance avec le PS dirigé par Elio Di Rupo.

Après les élections communales de 2006, Joëlle Milquet devient échevine à Bruxelles-Ville.

Le scrutin du 10 juin 2007 marque le retour du cdH dans la majorité fédérale. Joëlle Milquet s'affirme encore un peu plus sur la scène politique au cours des longues négociations de l'orange bleue et son intransigeance sur certaines questions lui vaut le surnom de "madame non" dans la presse flamande.

Ces négociations feront également apparaître une inimitié tenace avec le MR et son président de l'époque, Didier Reynders. Celui-ci n'apprécie guère le style de Joëlle Milquet et l'accuse régulièrement de vouloir ramener le PS dans le jeu.

A la fin de l'année 2007, le gouvernement intérimaire est enfin formé avec du côté francophone, le MR, le PS et le cdH qui désigne comme ministre un homme au-dessus de la mêlée: l'ancien leader de la CSC, Josly Piette.

Au cours de toutes ces années et singulièrement au cours des négociations de l'orange bleue, la cote de popularité de Joëlle Milquet n'a cessé de croître. Elle entre dans le gouvernement fédéral en 2008 tout en conservant la présidence de son parti pour quelques mois, dit-on alors, le temps que la procédure pour lui trouver un successeur ait abouti. Le passage de témoins aura finalement lieu en 2011, Benoît Lutgen assurant la succession.

Comme ministre de l'Emploi, Joëlle Milquet aura été à l'initiative d'une série de mesures permettant à la Belgique de traverser la crise de 2008-2010 sans trop d'encombres, en dépit de certaines restructurations importantes comme la fermeture d'Opel Anvers.


Belga

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