Gouvernement Di Rupo: biographie de Didier Reynders (MR)

Didier Reynders, le nouveau ministre belge des Affaires étrangères
Didier Reynders, le nouveau ministre belge des Affaires étrangères - © MICHEL KRAKOWSKI - Belga

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances sortant Didier Reynders (MR), nommé vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes dans le gouvernement Di Rupo I, incarne comme rarement un homme politique ne l'aura fait, en Belgique et même en Europe, le département des Finances qu'il aura dirigé pendant 12 ans.

Né à Liège le 6 août 1958, Didier Reynders est licencié en droit de l'Université de Liège. Il a débuté sa carrière politique en assumant, entre mars 1987 et mai 1988, le poste de chef de cabinet de Jean Gol alors vice-premier ministre et ministre de la Justice.

Il est ensuite devenu président du Conseil d'administration de la SNCB d'octobre 1986 à août 1991. Agé alors de 28 ans, il a notamment mené avec l'administrateur-délégué Etienne Schouppe un vaste plan de restructuration et d'assainissement des chemins de fer en 1987-1988, successivement sous la tutelle des ministres Herman De Croo (PVV) et Jean-Luc Dehaene (CVP). En 1991, il est devenu président de la Régie des voies aériennes (RVA).

Son parti ayant rejoint l'opposition, il s'est retrouvé sur les bancs de la Chambre où il a été élu pour la première fois en 1993.

Après la mort de Jean Gol dont il était considéré comme le "dauphin", il est devenu chef de groupe à la Chambre.

C'est en 1999 qu'il devient ministre des Finances. A ce poste, il s'est surtout fait connaître par la réforme fiscale du gouvernement arc-en-ciel et par le passage à l'euro qu'il a piloté en tant que président de l'Eurogroupe.

Retrouvant son portefeuille des Finances en 2003, son deuxième mandat à ce poste a été marqué notamment par la poursuite de la réforme fiscale et l'instauration de la Déclaration libératoire unique (DLU). Il a profité en 2004 du départ de Louis Michel à l'Europe pour devenir vice-premier ministre. Au sein de son parti, il conquiert la présidence le 11 octobre 2004.

Après une législature marquée notamment par la promotion des intérêts notionnels, un de ses chevaux de bataille même sur la scène internationale, il se lance dans la campagne électorale de 2007 en adoptant un ton résolument offensif par rapport au PS, faisant au final perdre à celui-ci son leadership en Wallonie comme à Bruxelles.

Cette victoire, malgré la défaite en Flandre de Guy Verhofstadt et de l'Open Vld, permet aux libéraux de devenir, à la Chambre, la famille politique la mieux représentée. D'aucuns le voient alors potentiel premier ministre.

Didier Reynders est le premier, au lendemain des élections, à évoquer la possibilité d'un gouvernement orange-bleu. Nommé informateur par le Roi, il cède le relais à Jean-Luc Dehaene avant l'entrée en piste d'Yves Leterme. L'orange bleue échoua et un gouvernement vit le jour avec les socialistes.

L'action de Didier Reynders dans le sauvetage des banques en 2008, la crise du groupe Dexia et le rachat de DBB par l'Etat belge à l'automne dernier a été prépondérante.

En juin 2010, les libéraux perdent les élections que remportent socialistes au sud du pays et nationalistes de la N-VA au nord. Durant la crise consécutive aux élections, Didier Reynders finit cependant par être invité par le roi à mener une mission de médiation au printemps 2011 qui marquera le retour sur la scène des libéraux jusqu'ici écartés des négociations, le scénario inverse de 2007.

Président du Mouvement réformateur, Didier Reynders dut faire face à une contestation de plus en plus vive en interne orchestrée notamment par "le clan Michel" déjà irrité par la défaite aux régionales de 2009. Didier Reynders dut se résoudre à quitter la présidence du Mouvement à laquelle accéda Charles Michel en janvier 2011. Le changement de présidence et la conclusion d'un accord institutionnel jugé trop faible pour les francophones entraîna le départ du FDF des sphères du MR.


Belga

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK