Gilles Ledure (Flagey): "Si on perd structurellement une partie de nos subsides, c'est Tchernobyl"

Le secteur culturel est l’un des plus touchés par la crise du coronavirus. Le secteur a perdu 93% de ses recettes propres.

Gilles Ledure dirige Flagey, à l'arrêt. Il était l’invité de Thomas Gadisseux ce matin.

Pour ce centre culturel, la saison est terminée. "On espère pouvoir ouvrir en septembre", souffle le directeur général. Le concours Reine Elisabeth, qui devait avoir lieu en mai, est reporté.

Pour Gilles Ledure, les perspectives pour le secteur, à court-terme, en tout cas, ne sont pas bonnes. "Ce qui nous définit c’est être ensemble et écouter ensemble. Et c’est contraire à ce qu’il faut faire pour éviter la propagation du virus."

"La culture survivra toujours, qu’elle que soit la situation. C’est déjà au moins un message positif, note-t-il. Par contre, notre système économique est fortement sous pression. Ca va être une situation extrêmement grave".

Même si les événements reprennent, ce sera sans doute dans un premier temps avec moins de spectateurs, pour respecter la distanciation sociale. Et cela va poser problème.

La culture doit être accessible au plus grand nombre

"900 places payent le cachet de celui qui est sur scène. Si on commence à renégocier tous les cachets des musiciens, peut-être que nous pouvons y arriver. Augmenter le prix des tickets est un scénario, mais la culture doit être accessible au plus grand nombre", craint-il.

En tout cas, il espère que les pouvoirs publics soutiendront le secteur. "Si on perd structurellement une grande partie de nos subsides, c’est Tchernobyl", assène-t-il.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre Bénédicte Linard a rassuré mardi que les subsides seront maintenus.

Et un formulaire de demande d'aides pour le secteur culturel sera en ligne "d'ici la fin de la semaine, a-t-elle également annoncé. Les opérateurs disposeront à partir de ce moment d'un délai de dix jours pour introduire leur demande de soutien.


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Partager les locaux avec des écoles?

Concernant Flagey, Gilles Ledure a des projets, pour s’en sortir. "Heureusement, à Flagey, nous avons une chance, nous sommes l’ancienne maison de la radio. Le studio 4 était, à l’époque, un studio d’à peine 200 places. Nous pensons donc à refaire des enregistrements".

Autre projet dans les cartons : partager les locaux, notamment avec des écoles. "Il y a une approche plus proactive, encore, c’est offrir le contenu dont nous disposons. Par exemple, un cours sur la seconde Guerre mondiale, et nous, nous offrons une séance cinéma avec The great dictator de Chaplin", note-t-il.

Journal télévisé du 26/04/2020

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