Les Gilets jaunes sont persuadés d'être sur écoute, et surveillés sur les réseaux sociaux

Cette fois encore, le débat d’À votre Avis s’est penché sur le mouvement des Gilets jaunes et d'entrée, les membres ont révélé qu’il leur est impossible d’organiser de rassemblement spontané car ils sont sur écoute et surveillés sur les réseaux sociaux tels que Facebook. "On ne discute pas sur les réseaux sociaux parce que, malheureusement, on commence à nous bloquer pour qu’on ne puisse pas organiser certaines choses. Nos comptes Facebook sont bloqués, nos publications sont supprimées", déclare Amandine Vanderlin.

Elle ajoute "Nous savons très bien que nous sommes mis sur écoute, même par téléphone portable. On a pu l’observer ce matin, on s’est rendus au SPF Finances pour faire une action, cinq minutes plus tard, la police était là".

D’après Georges-Louis Bouchez, chef de file MR de Mons, il n’y a pas d’intervention du gouvernement dans ce genre de situations puisque nous sommes dans un État de droit.

Besoin d'organisation ?

Les Gilets jaunes sont toujours dans nos rues, mais à ce stade, nous pouvons observer que les manifestations sont de moins en moins importantes. Une grande manifestation était d’ailleurs organisée à Bruxelles ce vendredi 30 novembre, mais elle a été annulée car le nombre de participants était impossible à déterminer.

L’abandon de ce projet est le fruit d’un manque d’organisation, problématique qui est la nature de ce débat. Essia Sabkhi, autre membre des Gilets jaunes remarque cependant qu’une structure émerge progressivement.

Pour le politologue Pierre Vercauteren, se structurer est une nécessité pressante. Car s’il faut du temps pour un mouvement de se structurer, l’impatience monte de plus en plus au sein des Gilets jaunes. "C’est un enjeu car, en même temps, l’impatience est extrêmement forte, or il est nécessaire d’avoir du temps pour structurer et à se mettre d’accord. Je ne suis pas encore certain que tous les Gilets jaunes soient d’accord sur les mêmes points de revendication".

L’une de leurs revendications est la baisse des taxes sur les biens primaires et une meilleure redistribution de cet argent pour obtenir des services plus appropriés et plus accessibles. "L’argent des impôts est très mal utilisé car on n’en voit aucun retour !", s’exclame Stéphanie Servais, l’une des Gilets jaunes présents sur le plateau.

"On voit qu’on paie de plus en plus de taxes, mais on voit qu’on a de moins en moins d’interventions de la mutuelle, que le prix des transports en commun est de plus en plus élevé. À un moment donné, on se demande où part cet argent".

Cet argent, justement, pourrait être trouvé en réprimant la fraude fiscale dénoncée par Karine Lalieux, députée fédérale (PS) et Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, qui rappelle par la même occasion que les cotisations et impôts servent à financer les services publics.

Tax-shift : bonne nouvelle ?

En ce qui concerne le portefeuille du citoyen moyen, celui-ci se vide de jour en jour. Mercredi soir, le MR a fait un pas vers les Gilets jaunes et a invité ceux qui étaient présents sur le plateau au siège du parti afin de comparer leurs factures et leurs fiches de paye.

Le MR annonce également une bonne nouvelle depuis quelques jours grâce au tax shift, information relayée par Georges-Louis Bouchez : "le tax shift, à partir de janvier 2019, c’est 140 euros net de plus".

Mais cet argument n’a pas l’air de convaincre tout le monde. En effet, Stéphanie Servais voit en ce système, un mécanisme pervers. "Le tax shift ne parle pas au citoyen. Ce qui nous parle, c’est notre portefeuille qui ne s’améliore pas, que du contraire. Comment allons-nous constater l’augmentation si on nous donne 140 euros d’un côté, mais que de l’autre, on augmente les factures d’énergie, le prix de l’enseignement et celui des transports publics ? Ça ne peut pas se voir. Ce tax shift, c’est un vol déguisé !"

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