Gérard Deprez: "Mon problème, ce n'est pas Francken, c'est le nombre de gens qui commencent à penser comme lui"

Gérard Deprez: "Mon problème, ce n'est pas Francken, c'est le nombre de gens qui commencent à penser comme lui"
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Gérard Deprez: "Mon problème, ce n'est pas Francken, c'est le nombre de gens qui commencent à penser comme lui" - © Tous droits réservés

Comment garantir aux personnes qui sont dans les conditions pour obtenir le droit d'asile de pouvoir venir introduire leur demande en Europe en sécurité, tout en dissuadant celles qui ne sont pas dans ces conditions, les migrants dits "économiques" de tenter de venir en Europe où elles n'ont pas le droit de rester? C'est tout l'objet du sommet européen qui se consacrera jeudi à la délicate question de la politique migratoire, selon Gérard Deprez, député européen, et vice-président du MR, invité de Matin Première ce mercredi.

Il "rappelle que 40.000 personnes sont mortes noyées en voulant traverser la Méditerranée, parmi lesquels des gens qui avaient droit à l’asile" et tient à clamer, face aux appels de Théo Francken à "contourner l'Article 3 de la Convention des Droits de l'Homme" que "le droit d'asile est un droit sacré: si quelqu'un risque dans son pays d’être victime de persécutions, mutilations ou traitements inhumains, nous avons le devoir de lui accorder; le problème aujourd’hui est que comme il n’y a pas de voie légale pour arriver sur le territoire européen et demander l’asile, les demandeurs et les migrants économiques font partie des mêmes flux et risquent leur vie en traversant la Méditerranée".

Les hotspots, pas la solution

Ce sommet européen devrait donc s'atteler à trouver "comment permettre à ceux qui ont besoin d’une protection de venir en Europe dans des conditions de sécurité suffisante et dissuader les autres de venir sur le continent européen où ils n’ont pas le droit de de rester".

Et pour Gérard Deprez, la solution ne passe pas par les "hotspots" évoqués par Guy Verhofstadt, ni les plate-formes évoquées par le président de la république française: "C’est délicat. M. Macron l’a d'ailleurs compris, il a lancé maintenant une autre idée, car le droit d'asile implique de parvenir sur le territoire européen pour introduire sa demande".

 Le Premier ministre ne tiendra pas le discours de Theo Francken mais celui de la déclaration gouvernementale

Pas question, donc, de "contourner" la convention des droits de l'homme: "C'était une erreur de M. Francken, ce n’est pas dans le programme du gouvernement. C’est le secrétaire d’état qui s’exprimait. Mais lors de cette réunion demain où les décisions fondamentales seront prises, c’est le Premier ministre qui sera présent et ne tiendra pas le discours de Theo Francken mais celui de la déclaration gouvernementale".

Des déclarations qu'ils n'hésite pas à qualifier de "populistes": "Les propos qu’il tient sont inutiles et contribuent à attiser dans l’opinion publique des sentiments que je n’aime pas et que les démocrates n’aiment pas. Mon problème ce n’est pas Francken, c’est le nombre de gens qui commencent à penser comme Francken".

Un problème qui commence à se poser à toute l'Europe, où Gérard Deprez assiste à un "retour de l'égoïsme national": "la réalité de la migration est moindre aujourd'hui que les années précédentes, mais elle a des conséquences politiques: les migrations sont un des éléments utilisés dans certains pays pour amener un bouleversement politique vers une droite extrême, et on observe une cassure politique entre le pays qui veulent une politique respectueuse du droit d’asile et le groupe de Visegrad (le Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie) qui veulent se soustraire à leurs obligations, rejoints maintenant par l’Autriche et les autorités de Bavière".

Il y aura 2,5 milliards d’Africains en 2050. Si on ne parvient pas à écoler économiquement l’Afrique, ils vont monter...

La solution passera aussi par une aide au développement africain, selon le député européen, car "une majorité de ceux qui veulent traverser aujourd'hui ne viennent pas de Syrie et d’Irak, mais d’Afrique subsaharienne et sont, donc des migrants économiques. C'est un de nos grands défis, face à une Afrique dont la population aura doublé en 2050: 2,5 milliards d’Africains parmi lesquels 50% seront des jeunes. Si on ne parvient pas à écoler économiquement l’Afrique, ils vont monter..."

 

 

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