Georges-Louis Bouchez sur la crise du coronavirus : "Les politiques et seulement les politiques décident"

Que veut le MR au moment où la Belgique attend son plan de sortie du confinement dans cette crise du coronavirus ? Pour Georges-Louis Bouchez, le président des Réformateurs, invité du "6-9 Ensemble", "il faut surtout attendre le rapport des experts", qui doit être présenté mercredi avant la tenue d’un Conseil national de sécurité vendredi.

On pourrait envisager que des magasins non alimentaires puissent recommencer une activité

Cependant, "les commerces font partie certainement des points qui apparaissent comme premiers car un peu plus facile que le reste. Il y a déjà des magasins alimentaires qui sont ouverts. On pourrait envisager que des magasins non alimentaires puissent recommencer une activité." Mais sans rapport, tout cela n’est que "pronostics. Il faut rester extrêmement prudent en la matière".

Le monde politique, une fois encore, se réfugie-t-il derrière le monde scientifique ? Mais selon Georges-Louis Bouchez, chacun est à sa place. Ce sont les politiques qui "décident sur la base de toute une série de paramètres". En santé publique, "il n’y a pas que la virologie, il y a la santé mentale […], il y a des paramètres sociaux, sociétaux, économiques… Donc quand nous avons tous les paramètres, nous prenons une décision. Mais je le répète, ce sont les politiques et seulement les politiques qui décident."

Les experts scientifiques et médicaux, sont écoutés, "au même titre que toute une série de paramètres". Ces experts l’ont été au début de la crise, mais également tout au long de celle-ci ajoute le président du MR. Mais à la fin, ce sont les politiques qui ont le dernier mot, dit Georges-Louis Bouchez. "Vous ne devez pas confondre la place que l’on fait dans les médias à une série d’acteurs et la place que les politiques donnent à une série de leurs conseillers."

Visites dans les homes : pas d’aller-retour

Il n’empêche : l’autorisation sous conditions des visites dans les homes, annoncée lors du dernier Conseil National de Sécurité a suscité des critiques et de la cacophonie. "Il n’y a pas eu d’aller-retour", juge Georges-Louis Bouchez. "On a fait dire au Conseil National de Sécurité où les Régions sont présentes ce qu’il n’a pas dit." Le CNS a ouvert "une possibilité d’organiser des visites dans des homes".

Et de citer l’exemple de Comines-Warneton, où un système de visites a été organisé "à l’extérieur de la maison de repos, juste devant. Cela s’organise dans d’autres pays comme la France. J’ai entendu beaucoup de gens de faire de la politique, parfois des membres du Parti socialiste, d’Ecolo oubliant d’ailleurs qu’Alain Maron (ministre Ecolo, NDLR) est en charge des maisons de repos à Bruxelles et Christie Morreale (ministre PS, NDLR) l’est en Wallonie… Mais aujourd’hui, il y a un point : quand vous avez 80 ans, que votre horizon c’est votre télé, votre lit, et que vous avez le sentiment que vous n’avez aucune chance de voir vos enfants, il faut aussi se mettre à la place des gens qui risquent aussi de se laisser mourir. Peut-être pas du corona, mais de toute autre chose."

Réouverture des écoles : "Pas blanc ou noir"

Concernant la réouverture des écoles le lundi 4 mai, à la fin de la période de confinement, Georges-Louis Bouchez ne tranche pas : ce n’est pas "blanc ou noir". Mais il demande une attention pour les élèves inscrits dans les années "dites certificatives, diplômantes" (NDLR : CEB, CE1D, CESS). "Pour ces élèves, nous devons faire quelque chose. On doit permettre que les matières soient vues." Les matières ne s’arrêtent pas au 15 mars 2020, dit Georges-Louis Bouchez citant l’exemple des étudiants qui souhaiteraient passer l’examen d’entrée en médecine fin août prochain. "Si on fait ça, on ne fait que renforcer les inégalités."

La relance du pays, la relance économique, doit se faire dans "l’unité", précise encore le patron des Réformateurs même s’il y a aura "un déconfinement idéologique. La conception de la relance pour les partis plus à gauche n’est pas la même que pour les partis plus à droite." Mais la crise sanitaire "n’est pas du tout passée", le débat ne doit donc pas avoir lieu "tout de suite". Priorité, c’est d’abord "la stratégie de déconfinement".

On ne va pas renégocier un gouvernement

Le 26 mai prochain, cela fera un an que les élections législatives ont eu lieu. Depuis, un gouvernement de crise "coronavirus", détenant les pouvoirs spéciaux (pour trois mois renouvelables), a été mis en place. Mais récemment, Bart De Wever, président de la N-VA, a plaidé pour une renégociation d’un gouvernement fédéral dès le mois de juin. "On ne va pas renégocier un gouvernement tant que nous n’avons pas une maîtrise totale sur la situation sanitaire et le déconfinement. Je m’y suis refusé il y a déjà plusieurs jours. Il y a des tentatives mais pas uniquement de la N-VA. La N-VA a eu l’honnêteté de le dire publiquement. Mais j’ai bloqué toutes les demandes. Pour moi, il serait irresponsable de créer de la tension politique alors que nous avons un gouvernement qui doit être à 100% centré sur la santé publique."

Reste qu’en septembre, au terme de la période de confiance donnée jusqu’à la prochaine rentrée parlementaire, des négociations politiques fédérales pourraient être relancées.

Le MR ne veut pas du tarif prosumer

Enfin, hors coronavirus, le président du MR s’est prononcé sur la question du tarif prosumer, la taxe pour les détenteurs wallons de panneaux photovoltaïques. Celle-ci devait être reportée de cinq ans, mais le ministre wallon en charge du dossier Philippe Henry (Ecolo) annonce que cette taxe sera mise en place. "Si on veut permettre la transition environnementale, il faut que l’autorité publique tienne ses promesses. Ce tarif est injuste. Moi, je tiens à mes promesses : nous avons pris un engagement, il sera respecté. C’est dans l’accord de gouvernement. Nous devons trouver un chemin. Il y a un accord de gouvernement qui indique un report de ce tarif prosumer. Je compte faire respecter l’accord de gouvernement."

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK