Georges-Louis Bouchez : "Si on ne peut plus dire la vérité en politique, alors il faut arrêter la politique"

Si le monde politique ne souhaite pas aujourd’hui parler de déconfinement, il y a tout de même une sorte de déconfinement politique dans l’air. Il y a tout d’abord de la tension entre Sophie Dutordoir, la directrice générale de la SNCB et le ministre fédéral de la Mobilité (Ecolo), Georges Gilkinet. Une rupture de confiance autour de la décision de fermer 44 guichets de gare sur 135. Pour le Mouvement Réformateur (MR), c’est la goutte qui fait déborder le vase.

Autres points, Georges-Louis Bouchez, le président du MR a eu de vifs échanges avec le virologue Marc Van Ramst. Quant au président du sp.a, Conner Rousseau, il demande au président du MR s’il fait encore partie du gouvernement. Enfin, ce vendredi 5 février, il y a un Comité de concertation. Quelles sont les perspectives pour les salons de coiffure ?

Georges Gilkinet a menti devant le Parlement ?

Michel De Maegd, député fédéral (MR), dit ce matin que le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet a menti devant le Parlement. Est-ce aussi la position de Georges-Louis Bouchez ? "En tout cas il évoque des choses qui ne correspondent pas à la réalité", analyse le président du MR. Selon ce dernier les informations dont il dispose ne correspondent pas sur au moins deux points. Tout d’abord, le fait qu’il n’y aurait pas eu un représentant du parti Ecolo au Conseil d’administration. "Or, le 27 novembre, le moment où la décision est prise, le commissaire du gouvernement Ecolo est là à titre d’invité […] il entre officiellement en fonction le 3 décembre". Rien ne l’aurait empêché donc d’agir dans ce dossier à sa prise de fonction. Quelques jours plus tard, le P.V. de la réunion du 27 novembre doit être signé : "A ce moment-là, le point n’est toujours pas invoqué par le commissaire du gouvernement". Enfin, le président du MR résume : "je n’ai pas envie de polémiquer. Je dis juste que dans sa réponse au Parlement il dit : ["tous les partis y étaient, nous pas"]. Ça n’est pas exact. Il fait allusion au précédent gouvernement et à la précédente commissaire du gouvernement, pourtant c’était déjà le sien qui était autour de la table".

Le président du MR ne demande pas la démission du ministre de la Mobilité : "il ne faut pas exagérer les choses non plus". Pour lui, c’est un peu simple facile de se décharger sur les autres familles politiques, quand on a une responsabilité politique.

Les 44 guichets doivent-ils être fermés ?

Sur le fond du dossier, le MR regrette qu’il n’y ait pas eu plus de concertation avec les élus locaux. Pour Georges-Louis Bouchez la fermeture des guichets est à l’image de ce qu’il se passe dans d’autres secteurs, comme les banques, par exemple. Mais une stratégie d’accompagnement des gens et de contact humain est nécessaire avec par exemple des accompagnateurs sur les quais pour aider les voyageurs. Le MR souhaiterait une analyse du dossier gare par gare : "parce que c’est vrai que dans certaines gares c’est interpellant. Par exemple, il y a des gares que l’on vient de rénover et on ferme le guichet juste après".

Le torchon brûle avec le sp.a ?

Le président du sp.a, Conner Rousseau pose cette question : "Bouchez devrait se demander s’il veut encore rester dans le gouvernement" et lui reproche de torpiller pratiquement tout le monde : ses partenaires de la majorité, les virologues, etc. Le président du MR, rappelle au patron des socialistes flamands que MR est indispensable à la majorité gouvernementale, ce qui n’est pas le cas de toutes les formations. "Je n’ai pas envie de lui répondre […] tout cela c’est du bavardage de plage". Pour lui, être loyal dans un gouvernement, c’est s’en tenir à l’accord de gouvernement. Et d’insister que dans cet accord, il n’était pas prévu de dates d’ouverture ou de fermeture pour les métiers de contact : "dans une démocratie, nous avons encore le droit de mener un débat". Dans sa réponse à Conner Rousseau, il poursuit : "j’aurais aimé que le président du sp.a nous explique, par exemple, comment nous allons vacciner 70% de la population d’ici l’été. Parce qu’il a le ministre de la Santé (le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a) : ndlr) parmi ses attributions. Donc, c’est ça que les gens attendent aujourd’hui".

 

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