Georges-Louis Bouchez: Di Rupo "n'est pas un dieu"; Galant a fait "des erreurs"

Poussé dehors par le retour de Jacqueline Galant (MR), Georges-Louis Bouchez n'est plus au parlement wallon. Poussé dehors par "l'inélégance" d'Elio Di Rupo (PS), Georges-Louis Bouchez n'est plus au collège montois.

Alors, Georges-Louis Bouchez est dans les médias. Et il se défend. Car le PS l'accuse de tous les maux. Car le MR le critique quand il ne s'abstient pas de tout commentaire.

"Le Mouvement Réformateur ne s'arrête pas à Georges-Louis Bouchez", commente Georges-Louis Bouchez dans Matin Première ce jeudi (il pointe, quand même, néanmoins, un article paru justement ce jeudi dans La Province où son président Olivier Chastel lui apporte enfin son soutien).

"Il y a des intérêts supérieurs, bien plus importants, et il est normal que ma formation politique tente de circonscrire l'incident à Mons. Les centaines d'autres mandataires, les centaines d'autres collaborateurs du MR n'ont pas à subir les conséquences de difficultés montoises suscitées par le PS."

À Mons, "ceux qui ont été déloyaux, ce sont les socialistes"

Georges-Louis Bouchez fait néanmoins perdre une alliance considérée comme stratégique pour le MR. Du coup, Georges-Louis Bouchez est même pointé du doigt par plusieurs représentants de son parti, et notamment par son prédécesseur à Mons Richard Miller. Alors, Georges-Louis Bouchez balaie les critiques, même issues des rangs libéraux.

"Elles ne correspondent pas à la réalité, parce que, le seul qui était au collège, c'était moi."

"C'est moi qui ait vécu par exemple le fait d'apprendre les fonds FEDER de la Ville de Mons via la presse."

"C'est moi qui ait dû subir le fait que les réalisations du collège ont été diffusés en toutes-boîtes parmi les Montois avec l'estampillé PS, comme si toutes les réalisations étaient le fruit du PS."

"Par contre, je pouvais assumer les augmentations d'impôts ou la réduction de services publics, parce que ça, bien évidemment, c'était de ma faute."

"Il faut être de bon compte : ceux qui ont été déloyaux, ce sont les socialistes, qui en fait ont une majorité absolue, mais se comportent comme tel."

"Moi, je les croyais sincères. Je pensais que, s'ils nous faisaient rentrer dans cette majorité, c'était pour que nous ayons notre mot à dire. Nous n'avions plus notre mot à dire. Cela faisait des mois qu'il n'était plus possible de faire passer un dossier."

"Donc, bien sûr, moi, j'ai voulu continuer à faire avancer les idées, je ne me suis pas découragé. Et, à la fin, quand vous faites avancer vos idées, eh bien, vous êtes sanctionnés."

Certains au PS "ont voulu que cela devienne intenable"

Georges-Louis Bouchez serait-il l'incarnation d'une majorité PS-MR impossible à tenir ? Georges-Louis Bouchez ne le pense pas.

"C'est devenu (il insiste) intenable, parce que certains au sein du parti socialiste ont voulu que cela devienne intenable. "

"Et ils l'ont fait de quelle manière ? Eh bien en ne laissant plus la moindre possibilité d'agir, en voulant imposer une augmentation d'impôts, de l'IPP, soi-disant pour compenser les effets du tax shift. Il y a des effets, oui, mais il y a des solutions, et elles passent par des réductions des dépenses. Le parti socialiste a voulu augmenter l'IPP, et, que ce soit Richard Miller ou moi, nous avions toujours dit : 'L'IPP, c'est une ligne rouge à ne pas dépasser'."

"À partir du moment où le parti socialiste n'est pas sincère, ne veut pas jouer le jeu, veut abuser de sa situation de majorité absolue, je les invite à assumer leurs responsabilités : qu'ils restent seuls, qu'ils aillent en majorité absolue, et qu'ils n'essayent pas de mouiller quelqu'un sans lui donner les leviers de mener sa politique. "

Pour le parti socialiste, c'était trop, parce que cette ville est leur chasse gardée et, si vous osez avoir une influence sur cette ville, ça devient problématique

Georges-Louis Bouchez se serait donc mouillé, et ça n'a pas plus.

"J'insiste sur un point, à aucun moment je ne me suis désolidarisé d'une décision du collège. D'ailleurs, le PS ne sait donner aucun exemple. Je me suis simplement exprimé sur des sujets qui n'étaient pas encore conclus. Et je trouve que c'est le droit d'une formation politique d'apporter sa pierre à l'édifice dans le débat public. Et pour le parti socialiste, c'était trop, parce que cette ville est leur chasse gardée et, si vous osez avoir une influence sur cette ville, eh bien, ça devient problématique."

Georges-Louis Bouchez charge le PS. En particulier Elio Di Rupo, qui "trahit", qui "joue un sale tour", qui "n'est pas un dieu", qui "lui aussi vieillit", qui "lui aussi fait des erreurs". Et que Georges-Louis Bouchez, sans répondre, pourrait, peut-être, un jour, éventuellement, vouloir mettre dehors à son tour.

Mais la rivalité ancestrale MR-PS, que met une nouvelle fois en lumière cet incident politique montois, ne doit pas remettre en cause leur éventuelle collaboration autour d'un projet politique commun, estime Georges-Louis Bouchez.

"Il ne faut pas être dans cette logique d'exclusion. La logique est de venir avec un programme, il y a un résultat électoral à la fois sur la base du résultat et du programme, et on fait une alliance, ou non."

"Et donc ce qui s'applique à Mons n'est pas reproductible n'importe où en Wallonie. Les situations locales sont à chaque fois très différentes. Et la situation à la Région et au fédéral, nul ne peut dire ce qu'elle sera dans deux ans et demi ou même trois ans."

Démission de Jacqueline Galant : "Il y a eu des erreurs"

Et justement, la Région, Georges-Louis Bouchez la quitte aussi. Avec regret, car il y a "pris beaucoup de plaisir", grâce, dit-il, à "des débats de haut niveau".

Georges-Louis Bouchez laisse son siège encore chaud à Jacqueline Galant. Et, d'ailleurs, pour décrire sa collègue MR, Georges-Louis Bouchez ne se laisse pas aller à trop de faux enthousiasme.

"Jacqueline Galant, elle a une force de travail. Jacqueline Galant, elle a aussi, comme on dit, de la voix. Elle sait porter de la voix."

"Ici, il y a des jours et des semaines qui vont être plus difficiles. Mais je suis certain qu'elle peut mener une action, au niveau de l'opposition, avec l'ensemble du groupe MR."

Galant-Bouchez, "une force de frappe extrêmement importante"

"On n'est pas proches sur le plan personnel. L'amitié et l'amour, ça relève de la sphère privée."

"Maintenant, sur le plan politique, nous sommes deux personnes actives, qui aimons travailler, qui croyons dans les valeurs représentées par le Mouvement Réformateur. Et donc, on doit s'associer, parce que c'est une force de frappe extrêmement importante pour l'arrondissement de Mons."

Entendez par là que Georges-Louis Bouchez  et Jacqueline Galant ne sont ni amis, ni amants. Et que, s'ils travaillent bel et bien tous les deux en politique, et au MR, c'est de préférence chacun de leur côté. Même si, pour des objectifs partisans, il leur faudra bien coopérer.

"Jacqueline Galant a quand même buté sur des sujets qui sont extrêmement difficiles, elle n'est pas la première à quitter ce ministère dans ces conditions."

"Il y a eu des circonstances malheureuses. Il y a eu des erreurs. Je crois qu'il faut reconnaître que des erreurs ont été commises. Mais il y a eu aussi beaucoup de mauvaise foi et des coups montés, quand on voit la mise en scène à la Chambre (…) pour la faire démissionner."

Et maintenant ?

Georges-Louis Bouchez n'est plus au parlement wallon. Georges-Louis Bouchez n'est plus au collège montois. Alors que va faire Georges-Louis Bouchez ?

"Je suis avocat, je vais voir dans les prochains jours la manière dont les choses évoluent, si des fonctions politiques sont toujours envisageables, particulièrement à l'interne du parti. Et nous verrons pour éventuellement d'autres activités."

"Mais, ce qui est certain, c'est que je n'arrête pas l'engagement politique. Au contraire. Je vais l'accentuer, je récupère du temps. Grâce ou à cause de ces événements. (…) Je reste plus déterminé que jamais", conclut le désormais conseiller communal de Mons, Georges-Louis Bouchez.

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