Georges Gilkinet: "Il ne faut pas passer à côté du noyau nucléaire du Kazakhgate"

Suite aux résultats du référendum turc, des mandataires CD&V et N-VA, remettent en cause la double nationalité.

Interrogé par Robin Cornet dans Matin Prem1ère, le député fédéral Ecolo Georges Gilkinet rétorque que "ce qui est surtout inquiétant c'est ce référendum qui va donner encore plus de pouvoirs au président Erdogan. Les simplismes qui en sont tirés ici en Belgique pour remettre en cause la question de la double nationalité, c'est du déjà vu. La N-VA court après le Vlaams Belang, et certains au CD&V et à l'Open Vld courent après la N-VA. Tout ça est nauséabond".

Il demande "qu'on discute ensemble des questions d'intégration, des moyens donnés pour l'apprentissage des langues, pour l'intégration socio-économique, pour des politiques urbanistiques différentes. Mais la question de la double nationalité est en l'occurrence hors propos".

"Didier Reynders était prêt à payer très cher"

Georges Gilkinet souhaite que la commission parlementaire d'enquête sur le Kazakhgate accélère ses travaux: "Il faut savoir qui, en 2011, a influencé dans le but de modifier la loi, qui tirait les ficelles".

Selon le calendrier prévu, les travaux doivent se terminer le 21 juillet prochain. Pour ne pas passer à côté "du noyau nucléaire de la question, il faut entendre rapidement les ministres de l'époque, et celui qui me semble jouer un rôle central dans ce dossier du Kazakhgate c'est clairement Didier Reynders. On connaît ses liens de proximité avec Armand De Decker, et avec le président Sarkozy en France; son nom est cité par des témoins dans le dossier, par la députée Open Vld Carina Van Cauter et par le Premier ministre Yves Leterme".

Le 24 février 2011, le cabinet de Didier Reynders négociait avec la N-VA (alors dans l'opposition) pour faire une majorité alternative pour que la loi sur la transaction pénale soit votée, "manifestement Didier Reynders était prêt à payer très cher pour obtenir ce qu'il souhaitait. Je voudrais qu'il vienne s'en expliquer sous serment".

Pension des enseignants: "Une fausse bonne idée"

Si le projet de loi sur la réforme des pensions est adopté, les enseignants risquent de perdre 200 euros brut de pension par mois.

Ce texte prévoit de ne plus prendre en compte les années d'étude dans le calcul de la pension des fonctionnaires, sauf si les intéressés paient une cotisation de régularisation.

Les premiers à être touchés seront les professeurs, dénonce George Gilkinet: "Les enseignants, avec des salaires qui ne sont pas très élevés, jouent un rôle essentiel auprès de nos enfants, et ils sont à nouveau frappés, alors que les mesures compensatoires, notamment la reconnaissance des métiers lourds restent dans les limbes, dans les cartons du ministre Bacquelaine. Être enseignante maternelle avec des petits enfants jusque 60 ans, ce n'est pas évident. Donc, à nouveau, des catégories professionnelles importantes sont frappées par les réformes de ce gouvernement. Le ministre Bacquelaine propose de pouvoir racheter ses années d'études, mais en début de carrière. Comment peut-on imaginer la suite? En début de carrière on n'a pas les moyens: on a des enfants, on doit investir pour acheter une maison. Donc c'est une fausse bonne solution à ce régime spécifique des enseignants en matière de pension".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir