Georges Gilkinet : "Il n'y a pas d'administrateur Ecolo pour le moment à La SNCB et j'espère que ça va changer"

Il fait froid en ce moment en Belgique, mais le climat a aussi été polaire entre Georges Gilkinet (Ecolo), le ministre de la Mobilité et Sophie Dutordoir, la patronne de la SNCB, la semaine dernière. Une rupture de confiance écrit noir sur blanc dans une lettre. Tout cela à cause d’une décision de fermer 44 guichets de gares.

L’ambiance se serait quelque peu réchauffée et une solution a été présentée ce mardi. Mais pour le parti Ecolo, resté 17 ans dans l’opposition au fédéral, ça a été le premier vrai bras de fer politique.

44 guichets fermés sous condition

A propos de la décision de fermer 44 guichets de gares sous condition, le vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) rappelle qu’il souhaite des gares accueillantes, conviviales avec de la vie et accessibles à toutes et à tous. Et il compte bien continuer à y travailler après la décision du conseil d’administration de la SNCB qui date du mois de novembre.

Mais, est-il réellement possible de rendre des gares accueillantes avec des guichets fermés ? Georges Gilkinet revient sur la décision de ce mardi par le conseil d’administration de la SNCB qui à sa demande avec Sophie Dutordoir, la patronne de la SNCB, aménage la décision de fermer les 44 guichets. Avec notamment une obligation pour la société des chemins de fer d’entrer en contact avec les communes pour proposer des locaux dans les gares et trouver des solutions pour les personnes ayant des difficultés à se rendre sur internet ou à utiliser un automate.

Le ministre précise que la situation dont il hérite, c’est un contrat de gestion qui date de 2008 et qui n’indique rien en termes d’obligation d’accueil des voyageurs, ce qu’il souhaite changer. "Le train était déjà en marche. Cette décision a été préparée. Elle s’inscrit dans un cadre où on a trop désinvesti des petits points d’arrêt, des gares. Ce que j’essaye de changer. On a commencé avec la SNCB un dialogue constructif sur les éléments qui doivent figurer dans le futur contrat de service public de la SNCB."

Le ministre de la Mobilité était-il au courant de ce qui se préparait ?

Le 5 février dernier, le président du Mouvement réformateur (MR), Georges-Louis Bouchez était l’invité de la Matinale de La Première. Dans cette interview, il estimait que Georges Gilkinet avait menti au Parlement : "Il évoque des choses qui ne correspondent pas à la réalité […] En tout cas, les faits ne correspondent pas aux informations que nous avons. Quand on répond au Parlement, c’est un peu facile de se décharger sur les autres familles politiques quand soi-même on a une responsabilité. Il aurait été plus simple que directement il assume sa responsabilité telle qu’elle est".

Le ministre de la Mobilité répond ce matin aux propos de Georges-Louis Bouchez : "J’ai dit et je répète qu’il n’y a pas d’administrateur Ecolo au conseil d’administration de la SNCB et que la décision était prise par d’autres que nous, même si je suis le ministre en charge et que j’étais informé du dossier".

Ma ligne est la même depuis le début.

Pourtant, le 27 novembre lors du conseil d’administration qui a pris la décision, il y avait un commissaire du gouvernement (militant Ecolo). Georges Gilkinet confirme cette information et : "Ce que j’ai dit à la Chambre et que je répète ici, c’est peut-être une vérité qui dérange monsieur Bouchez, c’est qu’il n’y a pas d’administrateur Ecolo pour le moment à La SNCB et j’espère que ça va changer".

Le ministre de la Mobilité confirme cela dit qu’il était au courant de la décision. Concernant la séquence à partir de l’annonce de la fermeture des guichets et la levée des boucliers, le ministre précise : "Ma ligne est la même depuis le début. La méthode utilisée n’était pas idéale et je n’ai pas de mal à l’admettre".

Pourtant, les conditions de départ pour le ministre de la Mobilité, étaient un moratoire sur les fermetures et une révision de la liste. Tout cela a, semble-t-il, été mis de côté. Les décisions prises au mois de novembre ont donc été avalisées.

Georges Gilkinet rappelle que le parti Ecolo ne fait pas partie du conseil d’administration. Et que "la décision a été prise au mois de novembre et on a obtenu hier des aménagements qui me semblent importants, mais qui ne sont pas le bout du chemin en matière d’accueil des voyageurs à la SNCB".

Condamnation pour préjudice moral

Le ministre de la Mobilité a récemment été condamné pour préjudice moral à l’encontre de l’homme d’affaires belgo-kazakh Patokh Chodiev. Celui qui était député fédéral à l’époque des faits a été condamné à verser 1€ en guise de dommage pour trois déclarations dans la presse. Est-ce que cela signifie que l’on peut dire ce que l’on veut au Parlement, mais pas dans la presse ? Georges Gilkinet souhaite rester prudent par rapport à cette décision de justice en tant que ministre, mais : "c’est un jugement qui pose question de façon générale sur la liberté de parole des députés et en démocratie c’est important. C’est un dossier dont je me suis chargé avant d’être ministre sur lequel j’ai posé beaucoup de questions. Le dossier dit du kazakhgate et l’article 58 de la Constitution est important. Il dit : "aucun membre de l’une ou l’autre Chambre ne peut être poursuivi ou recherché à l’occasion d’opinions ou de votes émis par lui dans l’exercice de cette fonction". C’est une forme d’immunité pour les parlementaires pour leur permettre effectivement de jouer leur rôle de contrôle démocratique et il me semble que ce jugement s’éloigne de cette logique constitutionnelle. Raison pour laquelle nous étudions avec mes avocats la possibilité d’aller en cassation par rapport à ce jugement…". Le ministre pense qu’il faut protéger les parlementaires.

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