Georges Gilkinet (Ecolo): "Nous n'avons pas peur des élections"

La démission du Premier ministre est encore, ce mercredi matin, dans les mains du Roi, qui suspend sa réponse. Il pourrait accepter cette démission ce qui entraînerait le pays dans une situation d'affaires courantes.

"On ne peut pas être fier de cette situation politique, détaille Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre. On va se retrouver sans budget, même si nous le critiquions beaucoup. J’assume ma part de responsabilité sur la critique que nous faisions de ce gouvernement depuis quatre ans et sur nos demandes à Charles Michel depuis trois semaines d’une clarification de la situation", reconnaît-il ensuite.

La faute à qui?

Si le chef de groupe Ecolo à la Chambre dit assumer les conséquences de la motion de méfiance, annoncée hier par les socialistes et appuyée par les verts, il estime que la responsabilité de la situation revient tout de même au Premier ministre. "C’est lui qui s’est embarqué dans cette aventure, malgré qu’il ait dit 'jamais avec la N-VA'. Il s’est embarqué dans cette aventure avec même un certain aveuglement."


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Georges Gilkinet se laisse même aller à quelques images : "Il a fait entrer le loup N-VA dans la bergerie avec les conséquences que cela induit. Les décisions qui ont prises depuis quatre ans ont été très négatives en matière de liberté individuelles, en matière sociétale, sociale, climatique même si sur ce point-là nous sentions une certaine inflexion. Hier matin, nous, écologistes avons réussi à faire voter une proposition pour rehausser nos ambitions en matière climatique et enfin des engagements."

"Nous n'avons pas peur des élections"

Pour les prochains jours, et sous réserve de la décision du Roi, faut-il aller voter ? Pour rappel, c'est le Parlement, via un vote qui peut décider de se dissoudre et donc de provoquer des élections anticipées. Mais il faut pour cela une majorité au Parlement.

Le passage aux urnes pour les belges s'imposera-t-il ensuite ? L'écologiste répond : "Dans une démocratie, quand il y a un problème, l’une des manières de le résoudre est de se recompter, de vérifier quels sont les rapports de force entre les différents partis."


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Loin d'enchanter le chef de groupe, cette perspective n'est pas pour autant effrayante pour les verts, selon Georges Gilkinet. "Effectivement, nous n’avons pas peur des élections. Mais tout le monde sait que les électeurs sont déjà convoqués le 26 mai pour les élections régionales et européennes, cela n’a aucun sens de les convoquer deux fois. Les choses sont évidemment imbriquées les unes dans les autres, même s’il ne s’agit pas du même niveau de pouvoir. Et forcément, les élections du mois de mai prendront en otage les résultats des élections de février et personne n’osera s’avancer vers une majorité."

Pas de volonté de dissolution de la Chambre

"Je pense que la situation est déjà suffisamment confuse pour nos citoyens", regrette l'élu. Néanmoins, les ambitions vertes à l'horizon de mai 2019 son intactes comme le rappelle leur principal représentant à la Chambre. "Il est plus clair de dire : 'il y a un gouvernement en affaires courantes jusqu’en mai et en mai, on se recomptera et on essayera de former des majorités'. J’espère que les verts du nord et du sud pourront en faire partie avec un poids suffisant pour imposer un autre agenda."

"Il n’y a pas de majorité je pense et les verts n’apporteront pas leurs voix pour une dissolution anticipée de la Chambre. Nous allons plutôt travailler dans un contexte d’affaires courantes pour avancer sur des dossiers concrets. Il y a moyen de s’organiser en Belgique dans un contexte d’affaires courantes et avec un Parlement qui contrôle le gouvernement, lui donne des mandats clairs comme sur le pacte sur les migrations ou le climat. On peut le faire sur d’autres dossiers."

Toujours est-il que la motion de méfiance n'a pas encore été déposée officiellement et, si conformément à ce qu'ont évoqué les socialistes, elle est mise en place, un vote surviendra au Parlement.

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