Georges Dallemagne, député fédéral cdH : "Il ne faut pas sous-estimer cette menace de nos libertés et de notre démocratie"

Georges Dallemagne (cdH) était l’invité de Thomas Gadisseux ce lundi 12 juillet dans Matin Première. En tant que député à la Chambre, il s’est exprimé sur la démission d’Ihsane Haouach, la commissaire du gouvernement à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes et sur les résultats du rapport de la Sûreté de l’Etat qui ont fuité ce lundi matin dans la presse.

En l’espèce, on parle d’un rapport réalisé par la Sûreté de l’Etat visant à déterminer les précédents de l’ancienne commissaire. Bien que le document soit classé, quelques sources confirment à nos confrères de la Libre Belgique et du Soir qu’Ihsane Haouach n’aurait pas de liens avec les Frères Musulmans : elle ne fait pas partie du groupe. Elle aurait, en revanche, eu des contacts avec des membres. Reste à déterminer si elle était consciente de l’appartenance de ces personnes au groupe.

Demander de la clarté

Le député fédéral humaniste demande que le gouvernement apporte plus de précisions concernant ce rapport et les liens qu’auraient pu entretenir Ihsane Haouach avec les Frères Musulmans : "On apprend que mercredi soir, la sûreté de l’État envoie un rapport au ministère de la justice. Nous avons un débat très important sur cette question jeudi après-midi. Personne au sein du gouvernement ne fait mention de ce rapport dont on apprend l’existence ce vendredi. J’aimerais savoir quel était le niveau d’information de la secrétaire d’État, du Premier ministre et du ministre de la justice. Qu’est-ce qu’il y a dans cette note ? Qu’est-ce qu’il y a dans ce rapport qui est inquiétant ?". Un ensemble de questions qui pourraient trouver réponse aujourd’hui, puisque le Premier ministre Alexander De Croo devrait s’exprimer à la Chambre à 10 heures.

Pour le député, l’important est de faire la clarté sur cette affaire : "Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer cette menace qui est protéiforme, compliquée à appréhender mais qui est là, qui existe et qui a un agenda politique pouvant menacer notre liberté et notre démocratie. J’entends qu’on fasse la lumière là-dessus. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y a rien ou que l’on a réduit ça a des attaques personnelles comme nous en avons été accusés par la secrétaire d’État Sarah Schlitz. Je pense que c’est très grave d’avoir des propos comme cela à l’égard de parlementaires qui souhaitent simplement qu’il y ait de la clarté sur ce qui peut menacer nos libertés." La secrétaire d’État Ecolo devrait également être entendue à la Chambre ce lundi matin.


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Georges Dallemagne souligne aussi le rôle joué par les services de renseignement dans cette affaire : "Je pense que la Sûreté de l’État est dans son rôle. Elle entend qu’il y a un débat très vif dans la société sur une personne dont on dit qu’elle pourrait éventuellement poser des problèmes dans sa fonction de commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Elle regarde quels sont les éléments qu’elle a à sa disposition et elle les transmet au gouvernement. Je pense qu’on est tout à fait dans le rôle d’un service du renseignement, dans le rôle d’un État de droit où elle informe un gouvernement de ce qu’elle connaît. On a reproché l’inverse concernant l’affaire Jürgen Conings, où il y avait des services de renseignement qui avait des informations, qui ne les traitaient pas et qui ne les diffusait pas. Ici, je pense que l’on est dans un fonctionnement normal." Par ailleurs, le députe cdH plaide pour une réforme des services de renseignement, avec la création d’une agence centrale : "je plaide depuis très longtemps pour que nous ayons une grande agence de service de renseignement qui puisse être doté de meilleurs moyens que nos services de renseignement aujourd’hui et qui puisse travailler de manière cohérente. On sait aujourd’hui qu’il y a toujours des difficultés de transfert d’information entre différents services de renseignement."

Imaginer la vaccination obligatoire des soignants

En plus d’avoir évoqué le sujet de la démission de la commissaire du gouvernement, Georges Dallemagne, qui est également médecin, s’est exprimé sur l’obligation de la vaccination du personnel soignant en Belgique. "Il est temps de mettre la question sur la table. Je plaide pour qu’il y ait une vaccination systématique du personnel soignant le plus rapidement possible. Je crois qu’il faut se poser la question de savoir pourquoi certains personnels ne se font pas vacciner. J’entends qu’il y a, sur les réseaux sociaux, des personnes qui émettent des messages totalement contraires à ce que nous savons au niveau scientifique, médical et qui prétendent toujours que la vaccination poserait des problèmes en matière de stérilité par exemple. Je trouve que c’est problématique. Il faudrait pouvoir identifier ces personnes. Je me demande si nous ne sommes pas là dans l’exercice illégal de la médecine parce qu’ils préconisent des soins, ou plutôt l’absence de soin, qui est contraire à ce que l’on pratique".


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