"Salafisme et wahhabisme sont une menace sérieuse pour le vivre ensemble"

Georges Dallemagne(cdH):"Un islam intolérant, incompatible avec les valeurs de la Belgique"
Georges Dallemagne(cdH):"Un islam intolérant, incompatible avec les valeurs de la Belgique" - © THIERRY ROGE - BELGA

Au lendemain de l’audition de représentants de la grande mosquée de Bruxelles par la commission attentats, Bertrand Henne recevait ce matin Georges Dallemagne (cdH), vice-président de cette commission. Une grande mosquée qui pose question, soupçonnée par l’OCAM (Organe de coordination pour l’analyse de la menace) de diffuser une vision radicale de l’Islam telle que prônée par son principal soutien financier, l’Arabie Saoudite.

Une vision de l’Islam qui antagonise la société et qui est une menace

Une situation délicate mais qui ne semble pas préoccuper outre-mesure les dirigeants de la mosquée puisqu’aucun d’entre eux n’a daigné venir s’expliquer devant la commission attentats. "C’était en effet un porte-parole, et non pas une des personnes invitées. Ce n’était ni le grand Imam, ni le directeur, ni même un membre du comité exécutif et il a éludé nos questions de flux financier et juridiques", explique Georges Dallemagne.

Cela est d’autant plus étonnant que ces renseignements sont vérifiés et émanent des services de renseignements comme le précise l’élu humaniste. "On sait que la grande mosquée est au cœur d’un système de financement, notamment en provenance de l’Arabie Saoudite, à destination d’une série d’institution qui propagent, qui prônent le salafisme, le wahhabisme, qui sont des versions ultra-rigoristes de l’Islam. Elles enseignent aux musulmans que toute une série de choses sont ‘Kouffar’, mécréantes, incroyantes, qu’il vaut mieux les éviter. À force de dire aux gens qu’ils ne peuvent pas exercer certains métiers, croiser le regard d’un homme, ni aller voir un gynécologue, toutes des consignes que l’on retrouve sur le site de la grande mosquée. Pareil concernant le niqab, un vêtement interdit par la loi belge. Sur ce même site, selon les préceptes, il est obligatoire ou recommandé. Salafisme et wahhabisme sont des visions de l’Islam qui antagonisent la société et qui est une menace claire et sérieuse pour le vivre ensemble et qui peut justifier des actions violentes. C'est un islam intolérant, incompatible avec les normes et les valeurs de la Belgique".

Un lien entre le salafisme, le wahhabisme et une certaine permissivité à l’égard du terrorisme

Ces visions fondamentalistes placent-elles l’islam au-dessus des lois belges et sont-elles potentiellement djihadistes ? Les islamologues ne sont pas d’accord, Georges Dallemagne, lui, se repose sur le nouveau rapport de l’OCAM : "Oui, il y a clairement un lien entre le salafisme, le wahhabisme et une certaine permissivité à l’égard d’actions violentes, à l’égard du terrorisme. Ce lien est clairement établi".

1,2 million d'euros ont transité de l’étranger vers la grande mosquée afin de financer des institutions wahhabites

Sur la question de la passivité des politiques face à la diffusion de ces courants de pensée Georges Dallemagne ne se voile pas la face: "Cela fait plusieurs années que j’enquête sur la grande mosquée et effectivement on a été dans le déni, on a été dans le laisser-faire. Il est urgent d’agir et nous pouvons agir. La grande mosquée n’a pas rendu de compte pendant plus de 50 ans, les flux financiers ont été complètement opaques. Or c’est contraire à la loi sur les asbl. Pour recevoir des financements de plus de 100 000 euros de l’étranger, ils devaient demander l’autorisation au ministre de la justice. Ils sont dans l’illégalité. Nous avons demandé d’avoir des comptes précis à cet égard. C’est la sûreté de l’Etat qui le dit, de 2012 à 2014, 1,2 million d'euros ont transité de l’étranger vers la grande mosquée afin de financer des institutions wahhabites".

Le port d’Anvers est en négociation avec l’Arabie Saoudite pour un financement sans précédent

Pourtant le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a plusieurs fois répétés qu’il n’y avait pas de risque particulier autour de la grande mosquée. "J’ai en tendu cela, j’ai trouvé cela très choquant. Ce n’est pas ce que disent les services de renseignement. Est-ce en rapport avec le fait que le port d’Anvers est en négociation avec l’Arabie Saoudite pour un financement sans précédent, de l’ordre de 3 milliards de dollars", peste Georges Dallemagne.

Une stratégie connue de l’Arabie Saoudite qui n’hésite pas à systématiquement investir dans les pays où les responsables politiques pourraient s’opposer à leurs desseins.

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