Georges Gilkinet (Ecolo) : "La mission des renifleurs socialistes est un échec"

Alors que l’épidémie de coronavirus s’est affaiblie dans notre pays, le son des cloches des négociations politiques se fait de plus en plus proche. Vendredi 12 juin, la N-VA a claqué la porte du dernier superkern, refusant d’adopter une série de mesures socio-économiques, l’actuel gouvernement de pouvoirs spéciaux n’ayant pas les prérogatives pour le faire. C’est le gong de la fin de l’Union sacrée qui a sonné.

Ils se sont auto-nommés renifleurs

Après un week-end de discussion avec leurs homologues, les présidents socialistes ont remis à la Première ministre leur fameux rapport. Et il n’y a pas bougé, ce rapport ne s’est pas encore retrouvé sur le bureau des états-majors des partis, laissant planer des doutes sur la réussite de la mission de Paul Magnette et Conner Rousseau. Sophie Wilmès a estimé que ce travail préparatoire manquait de consistance.

Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre et invité de Matin Première ce mardi, va dans ce sens. "Je n’ai pas vu, je n’ai pas reçu ce rapport. Les deux partis socialistes se sont auto-nommés comme ‘renifleurs’, chargés d’essayer d’éclairer la situation. Ils ont terminé leur mission, selon ce que j’ai pu voir dans la presse, mais nous qui les avons rencontrés à deux reprises, nous n’avons pas reçu leur rapport. J’en conclus que leur mission est un échec, et ce n’est pas très élégant comme méthode de travail."

Les socialistes "doivent choisir"

Le député fédéral rappelle que les écologistes, des deux côtés du pays, veulent un gouvernement avec une majorité et un projet bien défini. "Il y a deux hypothèses, soit avec gouvernement avec la N-VA sans les verts, soit un gouvernement avec les verts mais sans la N-VA. Moi je constate que les socialistes n’ont pas choisi, et je leur demande de choisir !".

Revenant sur la sortie de la N-VA au dernier superkern, Georges Gilkinet commente : "Ils ont déjà fait le coup avec le pacte de Marrakech (la démission des ministres N-VA du gouvernement Michel, et la mise en place d’un gouvernement de transition en décembre 2018, ndlr), je ne sais pas ce qu’il faut de plus aux socialistes pour comprendre."

Un des scénarios possibles est que le gouvernement actuel, MR, Open Vld, CD&V, serait élargi aux socialistes, voire peut-être au cdH. Ce gouvernement serait minoritaire, et pourrait "survivre" jusqu’en septembre, quand expire la confiance accordée au gouvernement Wilmès. Ce gouvernement obtient alors la confiance avec les verts, ou avec la N-VA. Une hypothèse que Georges Gilkinet ne considère pas comme sérieuse. "C’est un gouvernement incapable d’engager la Belgique au plan européen, là où des décisions importantes vont se prendre, notamment le plan de relance de l’économie européenne, le green deal."

Le message est donc clair : Ecolo veut que les socialistes prennent position, pour qu’une majorité, soit avec les Verts, soit avec la N-VA, puisse se dégager.

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