Génocide arménien, la sérénité n'est pas revenue entre les partis francophones

Un Denis Ducarme (MR) peu convaincu des explications du PS dans le cadre de "l'affaire Kir".
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Un Denis Ducarme (MR) peu convaincu des explications du PS dans le cadre de "l'affaire Kir". - © THIERRY ROGE - BELGA

La résolution de la majorité sur le génocide arménien recevra jeudi un soutien quasi unanime, moyennant quelques abstentions. Le débat qui s'est déroulé mercredi en séance plénière n'a toutefois pas permis aux partis francophones de trouver la sérénité sur cette question controversée.

La résolution de la majorité fait référence aux propos du premier ministre devant l'assemblée le 18 juin. Charles Michel avait alors reconnu au nom du gouvernement belge le génocide perpétré il y a un siècle. Aux yeux de l'opposition, le texte ne va pas assez loin, parce qu'il ne comporte pas une disposition énonçant clairement que le parlement reconnaît lui aussi le génocide.

"Depuis le 18 juin, il n'y a plus aucune ambiguïté sur le génocide arménien. La Belgique a reconnu ce génocide par la voix du premier ministre, qui l'a fait au nom de la Belgique", a souligné le chef de groupe MR, Denis Ducarme, qui n'a guère goûté les regrets du PS.

"Pour nous, la Belgique a reconnu le génocide mais nous ne comprenons toujours pas pourquoi vous ne voulez pas que toute la nation soit associée à cette reconnaissance", a répondu Georges Dallemagne (cdH).

"Nous pouvons être acteurs plutôt que suiveurs du gouvernement", a fait remarquer Stpéhane Crusnière (PS).

La question a agité plusieurs partis francophones. Le PS a été montré du doigt en raison de l'attitude de certains de ses élus d'origine turque au parlement bruxellois et pour l'absence du député Emir Kir lors de la minute de silence organisée à la Chambre. Le cdH a exclu la députée régionale Mahinur Ozdemir parce qu'elle ne reconnaissait pas le génocide. Le MR n'a pas été épargné quand le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a renvoyé la reconnaissance du génocide vers une juridiction, à la veille d'une commémoration à Erevan à laquelle il ne s'est pas rendu.

Le MR a accusé le PS de "jouer une carte politicienne". "S'il a fallu autant de temps, c'est parce que ce débat amène la question du communautarisme dans notre pays", a affirmé M. Ducarme.

Benoît Hellings (Ecolo) a égratigné de son côté le MR qui a cherché, d'après lui, à mettre en difficulté des élus d'autres partis avec leur communauté d'origine.

Le ton a été plus consensuel dans les rangs flamands. Peter De Roover (N-VA) a appelé ses collègues à sortir de querelles sémantiques et à se joindre au texte de la majorité, même s'il leur paraît imparfait, pour lui donner plus de poids.

Les groupes de l'opposition ont déposé des amendements au texte de la majorité. Leur rejet devrait entraîner l'abstention de certains députés.

Après la séance, c'est un Emir Kir formel, qui a définitivement clos la polémique au micro de notre collègue Pierre Magos: "Tout cela sera derrière nous demain et je pense que le travail réalisé par le Parti Socialiste permet de pouvoir avancer sur la question donc pour moi c’est un texte sur lequel je peux marquer mon accord, sans souci".

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