Geert Noels à propos de la crise: "Il faut reculer pour mieux avancer"

Pour Geert Noels, "il faut reculer pour mieux avancer"
Pour Geert Noels, "il faut reculer pour mieux avancer" - © RTBF

Pour l'économiste et fondateur d'Econopolis, Geert Noels, l'austérité est d'une certaine manière "indispensable" après des années de surendettement, de surinvestissement et de surconsommation. Il prédit une année 2013 "très très difficile" et sans le dire clairement, il se prononce en faveur de la suppression de l'indexation des salaires.

Invité de Matin Première, Geert Noels n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, les mesures d'austérité ne prolongent pas la crise. Au contraire, elle sont "indispensables" après des années de de surendettement, de surinvestissement et de surconsommation.

"Ou bien on corrige, ou bien on continue mais après les problèmes seront encore plus importants", dit-il. En d'autres termes, on n'a pas le choix, "il faut reculer pour mieux avancer après".

La crise est d'ailleurs loin d'être finie d'après lui, 2013 sera une année "très très difficile" car la crise ne touche pas seulement l'Europe, mais le monde entier dont la Chine et les Etats-Unis. "Le déficit américain est beaucoup plus important que le déficit belge, de l'ordre de 8 à 9% du PIB, même l'endettement a dépassé celui de la Belgique avec plus de 100% du PIB".

Il affirme, par ailleurs, que l'Etat belge devra encore intervenir financièrement pour sauver Dexia.

Des salaires trop élevés en Belgique ?

"Ce que les gens gagnent n'est de toute façon pas trop élevé, ce que les gens coûtent est une autre chose", dit-il, "c'est surtout pénible pour les sociétés qui exportent parce que pour eux c'est la compétitivité qui compte et quand on entend un peu les chefs d'entreprises, il y a un bout de vérité, pour eux le coût salarial par rapport aux pays voisins commencent à être un vrai problème".

Autrement dit, il faut que l'Etat prenne des mesures sinon les pertes d'emplois vont continuer.

A ce sujet, il pointe du doigt l'indexation des salaires qui, avec 3% comme l'année passée, "blesse énormément la compétitivité". Et de rappeler que la Belgique est le seul pays à conserver ce mécanisme et que si les autres l'ont abandonné, c'est qu'il y a une bonne raison.

Revoir la fiscalité

Geert Noels a également attiré l'attention sur le problème de la fiscalité : "Il n'est pas logique que sur le plan mondial, certaines sociétés paient à peu près un tiers des impôts des autres sociétés", dit-il.

"Au moment de la récession, on voit que les PME sont beaucoup plus ancrées dans un pays, dans une économie, alors que les multinationales continuent à mettre sous pression pour rester dans leur pays alors c'est un concours de beauté en permanence", ajoute-t-il avant de conclure que ce n'est pas "la Belgique qui peut le changer mais elle pourrait demander à l'OCDE ou au FMI d'être plus attentif à des choses pareilles".

 

C. Biourge

 

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