Gaspillage à la fonction publique : pression maximale sur Hendrik Bogaert

Pression maximale sur Hendrik Bogaert
Pression maximale sur Hendrik Bogaert - © NICOLAS MAETERLINCK - Belga

Ce week-end on apprenait que le projet d'informatisation de la fonction publique allait repartir sur de nouvelles bases, faute de mauvaise gouvernance. Un remise à zéro qui pourrait coûter 22 millions d'euros de plus pour un projet qui a déjà coûté 27 millions d'euros. Une décision pas vraiment approuvée par le ministre du Budget, Olivier Chastel, et le patron du SPF Personnel et Organisation en charge du dossier Jacky Leroy.

Ce lundi matin, sur nos antennes, le ministre du Budget Olivier Chastel et le patron du SPF Personnel et Organisation en charge du dossier, Jacky Leroy, ont insisté : il y a peut-être autre chose à faire que de tout redémarrer à zéro et gaspiller des millions supplémentaires.

Vingt-sept millions dépensés depuis 2007, malgré quelques audits négatifs. Cinq ans plus tard, le secrétaire d'Etat, Hendrik Bogaert, déclare, en conseil des ministres vendredi, vouloir reprendre tout à zéro. Or mettre à la poubelle le nouveau logiciel de gestion des ressources humaines des fonctionnaires fédéraux, EHR, et relancer un autre projet confié à un autre service public, coûterait 22 millions de plus.

"Gaspillage inacceptable", a déjà tranché l'Inspection des Finances. La faute au SPF Personnel et Organisation estime Hendrik Bogaert.

Ce lundi matin, sur nos antennes, le patron de l'administration en question, Jacky Leroy, a souhaité réagir : "Est-ce qu'il ne serait pas utile d'entendre les responsables du SPF PNO avant ainsi de les condamner ?". Et d'affirmer que son service n'a pas été consulté avant de se voir retirer le dossier : "C'est très clair que les groupes de travail qui se sont réunis ces dernières semaines, je n'ai jamais eu l'occasion d'exprimer mon point de vue, à aucun moment".

Dans tous les cas, dit-il, le gaspillage peut parfaitement être évité : "Les 22 millions, ils ne sont pas dépensés aujourd'hui ; il y a parfaitement moyen d'éviter ce qui serait de fait un gaspillage invraisemblable. Il faudrait peut-être rechercher s'il n'y a pas moyen de poursuivre le projet sans dépenser 22 millions, ce qui serait de fait ahurissant".

Confirmation, côté gouvernement, Olivier Chastel, ministre du Budget, confirme que rien n'est décidé. Ce sera pour le ou les prochains conseils des ministres : "Nous attendons effectivement quelques avis supplémentaires dont celui de l'ensemble des présidents des SPF fédéraux et donc nous aurons probablement un avis contradictoire en la matière, pour voir ce que l'on doit faire".

En d'autres termes, la pression est à nouveau maximale sur le secrétaire d’État à la fonction publique, qui devra peut-être revoir sa copie.

 

C.B. avec Fabien Van Eeckhaut