G1000: "La démocratie représentative est obsolète"

David Van Reybrouck, écrivain flamand et membre du G1000 dans le studio de Matin première
David Van Reybrouck, écrivain flamand et membre du G1000 dans le studio de Matin première - © RTBF

David Van Reybrouck est écrivan flamand et l'un des créateurs du G1000, une initiative pour réfléchir sur les défis de la démocratie représentative. Dans le studio de Matin Première ce mardi matin, il affirme que le système représentatif actuel est "obsolète". "Il faut que les citoyens participent".

Cet écrivan flamand a lancé, avec 25 autres personnalités, le G1000. Pour David Van Reybrouck, cette tentative de démocratie participative et citoyenne peut aider à nous sortir de la crise. "Le système de démocratie représentative que nous connaissons depuis 1830 est un bon système", dit-il au micro de Bertrand Henne. "Il a fonctionné pendant deux siècles, mais il touche désormais à ses limites". 

A cause de quoi ? L'initiateur du G1000 évoque la montée en puissance d'internet et des réseaux sociaux, ceux-là même qui ont supplanté les médias "classiques". Les citoyens ne se contentent plus de recevoir un message, constate-t-il, "les gens peuvent réagir seconde après seconde". Le système représentatif est donc selon lui "obsolète". "Le système électoral que nous connaissons, c'est comme conduire un carrosse sur l'E40", glisse-t-il.  "Alors que les gens sont habitués à réagir directement, ils sont seulement officiellement consultés tous les quatre ans", lors des élections. 

Il en appelle à davantage de participation citoyenne. David Van Reybrouck affirme que les problèmes seraient plus vite réglés si les citoyens étaient appelés à s'exprimer. "Les citoyens sont libres, pas liés à des logiques électorales, ils ne doivent pas faire de scores aux élections". 

Une initiative "positive et non anti-politique"

Cet initiateur du G1000 se refuse pourtant de rejeter la faute sur les mandataires politiques. "Il ne faut pas trop culpabiliser ces gens qui travaillent fort avec peu de succès". Il tient à souligner que cette nouvelle initiative se veut "positive et pas anti-politique". "Nous avons besoin des politiciens comme ils ont besoin des citoyens", dit-il. "Mais il y a une volonté d'autogestion à prendre au sérieux". "On aimerait débloquer la situation, pas parce que nous sommes en colère mais parce que nous sommes très concernés par cette impasse". 

Les derniers sondages en date le confirment, la N-VA cartonne toujours en Flandre. David Van Reybrouck explique en partie ce succès par le charisme d'un Bart De Wever qu'il connaît. "Il est sympa, a de l'humour. On ne s'en rend pas assez compte en Belgique francophone". L'écrivain flamand se souvient de son passé étudiant. "Quand Bart état là, on s'éclatait". "Bien sûr, il avait déjà ses idées qui ne nous convenaient pas". Il lui reconnait un énorme don oratoire. "C'est le plus grand talent politique de sa génération, quelqu'un qui sait communiquer un message compliqué de façon très claire, très nette, de façon enthousiaste avec une force mobilisatrice importante". Néanmoins, David Van Reybrouck se refuse de croire que la séparation de la Belgique, telle qu'inscrite au programme de la N-VA, soit possible aujourd'hui. L'invité de Bertrand Henne estime que le débat permettra de dépasser un simple vote.

"Non, il n'y a pas d'apathie de la population"

On l'a vu ces dernières semaines, la crise politique que nous traversons semble lasser la population. Les initiatives citoyennes ne rencontrent plus le succès du début. L'initiateur du G1000 n'est pas de cet avis. Pour lui, le nombre de personnes qui ont signé ce manifeste est important. Le nombre de donateurs serait également important. Mais, selon lui, c'est grâce à une présentation d'un projet "constructif, positif, pas anti-politique dans une situation difficile".

Néanmoins, David Van Reybrouck le rappelle : "On ne peut pas résoudre tous les grands défis politiques sur lesquels des gens compétents travaillent depuis quatre ans", dit-il, lucide. "Mais on peut donner les contours d'un compromis possible". Des solutions plus concrètes seront proposées à l'issue du G1000, assure l'écrivain flamand. 

AdC

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