G.-L. Bouchez sur De Wever : "Quand on veut convaincre des partenaires, c'est mieux de venir avec du fond que de les insulter"

Le président du MR était l’invité de Matin Première ce mardi. Georges-Louis Bouchez est revenu sur les consultations royales qui devraient reprendre aujourd’hui. A dix heures, le roi Philippe recevra d’ailleurs le Montois, présent ce matin sur nos antennes.

Alors qui pour succéder au duo Magnette (PS) – De Wever (N-VA) pour ces négociations en vue de mettre sur pied un gouvernement fédéral ? – Rappelons-le en passant, la démission des deux présidents de parti n’a pas encore été acceptée par le souverain —. Pour Georges-Louis Bouchez "ce n’est pas à moi de me substituer au roi. Ni à le conseiller en la matière. Ce qui compte, c’est le projet. Il ne faut pas faire des concessions mutuelles à deux. L’intérêt ce sont des concessions mutuelles à sept… – Peut-être six, ça dépend des formules —. Et c’est comme ça qu’on trouve un accord. S’il suffisait d’un accord à deux, il y a de nombreux gouvernements que l’on aurait pu construire depuis les élections".

Et le président du MR de demander que l’on parle plus, selon lui, du "fond". Et priorité pour lui, c’est la relance économique. "Il y a des gens en grandes difficultés pour le moment, avec des pertes de revenu, d’emplois. Des faillites d’entreprise…"

 

Discuter du fond

Alors, maintenant, une prise en charge des négociations politiques par les libéraux et les écologistes, comme certains l’ont suggéré, est-ce une bonne idée ? Georges-Louis Bouchez ne répond pas clairement, mais persiste à dire son souhait de discuter "du fond". Mais par ailleurs, il tient à revenir sur le précédent round : "J’ai pu entendre ces derniers jours que des partis n’avaient pas souhaité venir à la table (cela visait les libéraux, ndlr… C’est totalement inexact : les libéraux ont participé à toutes les réunions auxquelles ils ont été invités. Nous avons fait part de nos points… Mais on ne peut pas nous demander de signer un accord, fait par d’autres, au bas de la page. Si nous faisions ça, on dirait "les libéraux sont prêt à tout pour aller au pouvoir !"". Et le Montois de préciser des points de programme : pas de démantèlement de l’Etat, une Belgique plus efficace et une priorité économique.

Et celui-ci de se plaindre : refus des négociateurs de réunions plénières, pas de prise en compte des exigences du MR…

La note de base n’a pas évolué d’un mot


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Et Georges-Louis Bouchez de décocher ses flèches contre Bart De Wever, qui reproche "le manque de courage de certains pour mettre fin au carrousel des négociations". "Une telle remarque vient d’un connaisseur, rétorque le président du MR. Quand on voit la situation depuis plus d’un an… Il a raison sur un point : c’est plus facile de torpiller un accord que de le construire. Mais si je peux me permettre un conseil à l’égard de BDW, vraiment en toute amitié, quand on veut convaincre des partenaires, c’est mieux de venir avec du fond que de les insulter ou de les attaquer !"

Et de préciser que Bart de Wever n’était peut-être pas très clair quand il parle d'un accord entre cinq partis sur la note de base… Georges-Louis Bouchez cite Maxime Prévot (président du cdH, ndlr) qui dit qu’il n’est pas d’accord avec la note de base mais qu’il veut bien discuter. "Ça tombe bien, la position du MR est la même que celle du cdH".


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Sujet sur la séquence politique de ce lundi 17 août dans notre 19h30 :

L’avenir en famille 

"La seule exigence de la famille libérale c’est d’être en famille (MR et Open Vld, ndlr), parce que nous avons un programme commun". C’est une alliance profonde, selon le bleu. Le but est aussi de rapprocher les deux partis.

Nous croyons en la Belgique […] Nous sommes pour un renforcement de la Belgique

Divulguer la note? 

"Ça ne sert à rien de continuer des régionalisations et des morcellements de compétences qui amènent à avoir neuf ministres de la santé. Je le répète depuis des mois maintenant" poursuit-il. Mais qu’est ce qui coinçait pour le MR dans cette note ? : "J’entends qu’il y avait dans la presse beaucoup de fantasmes par rapport à la note, dit le président du MR. Si les négociateurs ne veulent pas de fantasmes, peut-être devraient-ils divulguer leur note…"

Par rapport au "fond", il dit aussi :

J’ai entendu des choses autour de la table qui pour nous allaient beaucoup trop loin […] Il y avait déjà une série de régionalisations qui était déjà considérée comme acquises…


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Palais Royal ? Hôtel ? Monastère ?

Et d’ajouter qu’il a vu les préformateurs "eux-mêmes n’être pas d’accord sur le texte dont ils sont les coauteurs. Ça rend le travail beaucoup plus compliqué".

Et Georges-Louis Boucher de préconiser d'"arrêter les postures" et de discuter du fond : "Ce qu’il faut faire ? C’est se mettre en séance plénière, à 6 ou 7 partis qui composent une majorité parlementaire… Et de se dire : et bien, on va s’enfermer dans un monastère, un hôtel, peu importe, pendant 15 jours trois semaines et on ne sort que quand on est accord sur le fond. Si c’est ça la méthode que l’on doit suivre, je suis prêt."

Georges-Louis Bouchez ne veut pas par ailleurs plonger dans le défaitisme, et de président du MR de rappeler que malgré la crise politique, il y a toujours un gouvernement aux commandes du navire Belgique. Cette équipe a toujours la confiance des parlementaires jusqu’au 17 septembre. "Je n’ai pas le sentiment que la Belgique n’ait pas pu gérer la crise du covid-19. Nous avions un gouvernement qui a mené bien cette tâche, avec Sophie Wilmès à sa tête", conclut-il.


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