Fyra: les patrons du rail belge et de la NS s'expliquent au Sénat

Les patrons de la SNCB et de la NS s'expliquent au Sénat
Les patrons de la SNCB et de la NS s'expliquent au Sénat - © Archive KOEN VAN WEEL/AFP/ANP

Les chemins de fer belge et néerlandais souhaitent mettre en oeuvre cette semaine encore des solutions pour remédier à l'arrêt - après de nombreux problèmes techniques - des liaisons à grande vitesse entre Bruxelles et Amsterdam avec les trains Fyra V250, a affirmé lundi le patron de la SNCB, Marc Descheemaecker, lors d'une audition inédite devant le conseil parlementaire du Bénélux.

La Fyra, censé remplacer les anciens trains Benelux sur cette ligne, s'est avéré être un fiasco, après un début relativement prometteur, le 9 décembre dernier. A tel point qu'il a été retiré du service le 18 janvier, après un incident grave, la perte d'un capot.

La SNCB et son équivalent néerlandais, les NS (Nederlandse Spoorwegen) ont adressé au constructeur, la société italienne, AnsaldoBreda, un ultimatum, l'enjoignant de résoudre les problèmes dans un délai de trois mois, sous la menace d'amendes.

"Le V250 ne roulera que s'il est tout à fait sûr", a assuré le patron des NS, Bert Meerstadt, devant les parlementaires belges et néerlandais.

Entre-temps, les sociétés ont trouvé des solutions de remplacement partiel, en faisant circuler davantage de trains entre Anvers et Roosendaal (sud des Pays-Bas).

"Nous offrons quotidiennement 1300 places assises, ce qui est comparable à l'offre proposée par le Fyra", a expliqué Bert Meerstadt, rappelant que neuf Thalys relient également chaque jour Bruxelles et La Haye.

"Cette semaine encore, il y aura des solutions au profit des voyageurs", a promis Marc Descheemaecker, sans préciser lesquelles.

Il a rappelé que la SNCB n'avait encore réceptionné aucun des trois Fyra commandés - alors que la commande néerlandaise portait sur seize trains.

Le Fyra mis en service trop tôt ?

Selon des informations de ce lundi, la compagnie ferroviaire néerlandaise NS a supprimé l'ancien train Benelux alors que l'entreprise savait que le Fyra ne disposait que d'une autorisation temporaire pour circuler sur les voies de chemin de fer belges.

L'inspection belge chargée de la sécurité n'avait en effet octroyé qu'une autorisation provisoire jusqu'au 31 janvier à ces trains à grande vitesse, affirme l'organisation de voyageurs néerlandaise Maatschappij Voor Beter OV. Cette organisation estime qu'il était risqué de la part de la NS de supprimer les trains Benelux alors que le Fyra n'avait pas encore obtenu d'autorisation définitive.

La Commission des Infrastructures de la Chambre et son équivalente du parlement néerlandais tiennent ce lundi une séance commune au parlement belge à propos des problèmes rencontrés par le train Fyra. Ils y entendent les dirigeants de la NS, de la SNCB et d'Infrabel. Des représentants des voyageurs belges et néerlandais s'exprimeront également.

RTBF