Fusion UCL-USaint-Louis: les recteurs ne "comprendraient pas un traitement discriminant" du politique

Les recteurs respectifs des universités de Louvain (UCL) et Saint-Louis (USL-B) ne "comprendraient pas" un "traitement discriminant" par rapport aux hautes écoles de la part du monde politique, qui est amené à entériner la fusion des deux établissements, ont-ils indiqué vendredi lors d'une conférence de presse.

L'UCL de plus en plus présente à Bruxelles...

Jeudi, les instances décisionnaires des deux universités ont scellé la création de la nouvelle entité, baptisée UCLouvain, via des votes du conseil d'administration d'une part, et de l'assemblée générale de l'autre.

Le rapprochement entre l'UCL et Saint-Louis, qui "se construit depuis le 4 juillet dernier", est un "projet positif avec une plus-value majeure pour les deux établissements", a souligné Pierre Jadoul, recteur de l'USL-B.

Avec ce rapprochement, "les collaborations existantes vont se renforcer dans l'intérêt de tous les acteurs des deux universités", a-t-il poursuivi.

L'union des deux établissements permettra notamment de favoriser la mobilité des étudiants, de parvenir à une plus grande complémentarité au niveau de la recherche en vue de l'obtention de financements européens, de mutualiser des moyens, de partager des ressources, de disposer d'un fort ancrage bruxellois ou encore d'avoir une plus grande visibilité à l'international, avancent les recteurs.

... et ça ne plaît pas à l'ULB

La nouvelle UCLouvain compterait huit sites, dont trois à Bruxelles, ce qui suscite l'hostilité de l'ULB qui voit d'un mauvais œil la poursuite du développement de l'UCL sur son pré carré.

Le projet n'est cependant "pas dirigé contre une autre université", a assuré M. Jadoul. "La fusion n'est pas destinée à mettre à mal notre collaboration avec l'ULB. Nous ne serons en tout cas pas à l'origine d'une rupture", assure-t-il.

Pour son homologue de l'UCL, Vincent Blondel, la crainte d'une concurrence accrue n'a pas lieu d'être puisqu'il affirme qu'il n'y aura pas d'augmentation de l'offre de formation.

Le rapprochement doit désormais recevoir l'aval de l'Ares, l'organe de pilotage de l'enseignement supérieur francophone, où l'ULB, qui avait formulé l'été dernier une contre-proposition d'adossement à l'USL-B restée sans suite, devrait faire valoir son opposition au projet.

Obstacles politiques?

Des obstacles politiques pourraient aussi se dresser sur la route de la fusion, qui nécessitera une modification décrétale et donc l'appui d'une majorité de députés du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Nous ne demandons ni financement, ni habilitation supplémentaire", a souligné M. Blondel. Le mariage est "cohérent". "Avec cinq universités, et plus six, implantées sur cinq pôles, il s'inscrit dans le contexte du décret Paysage", estime le recteur.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, n'a jamais semblé partager cet avis. Il avait notamment appelé les deux établissements à préserver "l'équilibre global" dessiné par le décret, qui vise pour rappel à stimuler les collaborations géographiques entre établissements et casser ainsi les concurrences sur base confessionnelle.

"Nous voulons simplement continuer à faire notre métier. Les dernières fusions de hautes écoles ont été largement soutenues par le ministre (Marcourt). Nous ne comprendrions pas un traitement discriminant", ont conclu les recteurs, en référence à certains rapprochements dont la logique géographique n'était pas évidente mais qui ont néanmoins eu l'assentiment du ministre.

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