Fusion Resa/Ores: "Ce qui s'est fait en Flandre doit pouvoir se faire chez nous avec la même rentabilité"

Jean-Luc Crucke (MR), le ministre wallon de l’Energie, était l’invité de la Première jeudi matin. Les autorités communales de Liège estiment que le gouvernement wallon veut tuer la Cité Ardente après l’affaire Publifin, notamment autour du dossier Resa, le gestionnaire électricité et de gaz liégeois que le ministre veut fusionner avec Ores, le réseau carolo.

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS) a défendu que cette décision allait faire perdre 20 millions d'euros à la ville.

"Je ne sais pas ou il a été chercher ces chiffres, puisque, à priori, ces chiffres n’existent pas encore. C’est une décision de Nethys/Publifin, qui va en fait opérer ce que le gouvernement a décidé sur base de la commission d’enquête. Un des schémas prévus est ce rapprochement entre les deux réseaux. C’est Nethys qui a ouvert la porte. Mon rôle, mon travail c’est d’être facilitateur", expliquer le ministre wallon.

Selon lui, il faut séparer Resa de tout ce qui est concurrentiel, donc de Nethys. "Quel est l’intérêt d’avoir 2 distributeurs qui font le même métier?"

L'exemple flamand

Le ministre précise encore que ce type de fusion s'est déjà produit ailleurs: "Dans le paysage flamand, les distributeurs ont fusionné, c’est une économie de 100 millions d’euros. C’est de l’argent qui peut être mis chez le consommateur."

Les Liégeois disent qu’ils payent moins cher que les autres pour l’instant et craignent une augmentation sur leur facture. Ce que Jean-Luc Crucke nuance: "C’est liège ville qui dit ça. Etre liégeois c’est plus que ça: c’est la Province de Liège. Les Verviétois ne sont pas moins Liégeois et pourtant ils payent le double. Quand on regarde sur le territoire wallon, Resa n’est pas le moins cher. Certain, dans ce dossier, soit ne le connaissent pas, soit tentent de le polluer."

Homogénéiser les prix

L’objectif de cette réforme est d'homogénéiser les tarifs de l’électricité sur l’ensemble de la Wallonie, qui sont, à l'heure actuelle très variables selon les villes.

"Ce sont deux choses bien différentes: il y a d’abord un dossier de structure, de synergie entre deux distributeurs publics. Puis, il y a le tarif. Et ce n'est pas le gouvernement qui est compétent, c’est la Cwape, la commission wallonne pour l'énergie. C’est une volonté pour l’indépendance des prix."

Il ajoute: "Aujourd’hui, quand on regarde la nouvelle tarification pour les 5 ans à venir, c’est un prix inférieur à l’augmentation de l’index. Donc, quand on me parle de l’augmentation des prix, chez Ores ou Resa, ce n’est pas correct car ça ne correspond pas aux réalités."

Nos ennemis ne sont pas à l'intérieur, ils sont à l’extérieur

Le démantèlement de Nethys et la scission de Resa par rapport à cette intercommunale coûterait 200 millions d’euros, mais ça ne doit pas empêcher la réalisation de ce modèle, "il faut qu'on le fasse". Le ministre ne sait pas exactement ce que cela coûtera car "c’est une étude qui devra le préciser".

Pourtant, les experts montrent qu’il y aura une dévalorisation. Ce à quoi il répond: "Ce qui s’est fait en Flandre doit pouvoir se faire chez nous avec la même rentabilité."

Selon lui, les recommandations de la commission d'enquête seront mises en place. "Le fameux décret qui séparera Resa de Nethys est passé en deuxième lecture, est à l’analyse du Conseil d’Etat et sera devant le Parlement avant le mois de juin. Je suis persuadé que ce sera voté avec une plus large majorité que la majorité politique."

"Je dis a ceux qui voudraient jouer au Caliméro que ce n’est pas comme ça que l'on fera grandir Liège, la Province et que l'on sert l’intérêt de la Wallonie. Nous avons intérêt à nous serrer les coudes. Nos ennemis ne sont pas à l’intérieur, ils sont à l’extérieur."

Le débat Belgocontrol

Jean-Luc Crucke, aussi en charge des Aéroports, s'est prononcé sur l'affaire Belgocontrol. Il a récemment envoyé une lettre au CEO du contrôleur aérien en le menaçant de se passer de ses services car il serait défavorable aux aéroports notamment celui de Charleroi.

"Je paye 7 millions d’euros par an pour un service, si ce service n’est pas rendu, je ne paye plus. On ne va pas continuer à jouer avec les pieds de la Wallonie."

Il parle même d'autres possibilités: "Comme travailler avec le ciel Français ou Allemand. Ce n’est pas ma volonté première car je suis prêt à monter dans le capital pour vivre avec un modèle belge mais je veux qu’un service soit correctement rendu."

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