Frédéric Daerden (PS) : "Il faut repartir avec transparence et sérénité pour avoir une solution d'avenir pour les différentes structures de ce groupe"

Un des ténors socialistes liégeois, le bourgmestre d’Herstal, Frédéric Daerden est notre invité ce vendredi matin pour évoquer la saga Nethys-Enodia .Frédéric Daerden on le précise ne fait pas partie du "clan Moreau".

Les derniers rebondissements dans l’affaire Nethys-Enodia ont révélé encore un peu plus les tensions entre socialistes, ceux qui approuvent plus ou moins publiquement le fonctionnement de Nethys, et ceux qui s’y opposent.

Il commente cette actualité chaude : "ce n’est pas la crise au PS liégeois, nous avons eu un comité fédéral réunissant de nombreux militants et des mandataires début de semaine et c’est à l’unanimité que l’on a soutenu la décision du gouvernement wallon et l’on se réjouit que les choses avancent vers la transparence".

Pour rappel dimanche dernier, le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS) avait annoncé qu’il cassait les décisions prises le 22 mai dernier par le conseil d’administration de Nethys de vendre Elicio (énergie), Win (informatique) et Voo (télécom). Es-ce une reprise en main de la fédération liégeoise du PS par le parti ? Beaucoup se le demandaient, Férédric Daerden réagit à la question : "Ce n’est pas comme cela qu’il faut analyser les choses, il y a des décisions qui ont été prises par rapport à une entreprise, Nethys, ou des opérations qui étaient déjà en cours, ou fort avancées et qui se sont réalisées sans la transparence et sans l’aval des pouvoirs publics à savoir, les communes, les villes et provinces".

La démission de la présidente de l’intercommunale, Muriel Targnion en est le dernier exemple de cette guerre interne au sein du PS. Pour Frédéric Daerden qui temporise : "ce n’est pas un problème entre socialistes. Murielle Targnion a selon moi perdu, à un certain moment, son objectivité et la distance que nécessitait sa fonction de présidente du CA. Ce conseil d’administration d’Enodia, je tiens à le souligner a produit beaucoup de travail et surtout ces dernières semaines. Ils ont contribué à ce qui arrive aujourd’hui, ils ont fait cela avec beaucoup de sérieux et Murielle était peut-être trop proche des administrateurs de Nethys et a perdu son objectivité".

Des mains invisibles ?

"Cela fait plusieurs fois que j’entends cette expression mais qu’ils le disent. Qu’ils citent des noms s’il y a des noms à citer. C’est facile d’avoir ce genre de discours, mais en fait c’est pour se déresponsabiliser". On parlait même pour cette "main invisible" d’un club des cinq (ndlr : Marcourt, Moreau, Gilles, Mathot, Demeyer) qui serait maintenant en train de s’effacer dans ce dossier. Pour Frédéric Daerden : "le club des cinq n’existe plus, cette page a été tournée il y a déjà quelques mois, quelques années, au fil du temps. Je pense que ce n’était pas le fonctionnement idéal, pour la fédération de Liège, pour le développement de Liège et de ses citoyens. Je pense que l’ensemble des mandataires doivent pouvoir travailler ensemble avec une ouverture sur la société civile et une ouverture aux autres partis. Et je ne serai pas candidat à la présidence de la fédération liégeoise. J’ai été désigné ministre et je compte bien m’y consacrer à temps plein".

Associations de malfaiteurs ?

Pour Férédric Daerden : "le gouvernement wallon, l’administration wallonne, a considéré qu’il fallait déposer le dossier ou une partie du dossier au parquet fédéral. Le parquet fédéral va faire son travail, je ne sais pas s’il y avait des problèmes d’ordre pénal, mais la justice va faire son œuvre".

Frédéric Daerden insiste sur la nécessité de faire évoluer le groupe, éventuellement en ouvrant certaines filiales à des partenaires privés ou publics, ainsi que de pérenniser l'emploi, alors que quelque 400 personnes travaillent au call-center de Voo établi sur la commune d'Herstal dont il est le bourgmestre empêché.    

Si Nethys avait pris des décisions "sans transparence ni aval des pouvoirs publics (ville, province et Région)", il importe désormais de "repartir avec transparence et sérénité", a-t-il souligné à quelques heures d'une assemblée générale suivie d'un conseil d'administration de Nethys, qui doit nommer de nouveaux administrateurs à la tête de l'entreprise.
 

 

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